COVID-19: l’engouement pour les cours de conduite allonge les délais d’attente

MONTRÉAL — Les jeunes adultes qui veulent prendre la clé des champs cet été, pour la toute première fois, devront parfois s’armer de patience. C’est que plusieurs écoles de conduite ne sont pas en mesure de leur offrir des cours pratiques avant plusieurs mois. 

«Quand j’ai appelé il y a deux semaines, on m’a dit qu’il n’y aurait pas de disponibilité avant la fin mai», affirme Simone Desrochers.

La jeune femme de 19 ans espérait avoir son permis de conduire d’ici à la fin de l’été.

«Avec la COVID, je me disais que c’était la seule liberté que je pourrais avoir.» 

Devant les délais qui s’allongent, elle constate que ça semble de moins en moins probable. 

Mercredi, elle a réussi à obtenir un rendez-vous. Le deuxième en deux semaines. Dans les deux cas, quelqu’un avait annulé son cours la veille ce qui lui avait permis d’obtenir une place. 

Les prochains rendez-vous devraient avoir lieu en juin, à moins d’autres annulations. 

Casse-tête logistique

À l’école de conduite Tecnic, on indique que le couvre-feu et les changements aux règles sanitaires constituent un véritable casse-tête. 

Comme les écoles de conduite ne peuvent plus donner autant de cours le soir et que ce sont les moments les plus prisés par les élèves et les professeurs, cela complique un peu la gymnastique des horaires. 

La directrice générale de Tecnic, Mylène Sévigny, confirme avoir recruté plus de 200 employés à travers la province depuis le début de la pandémie. 

Or, un autre problème se pose maintenant, celui de la formation de ces nouveaux employés qui est retardée en raison des plages horaires restreintes par le couvre-feu en vigueur dans plusieurs régions du Québec. 

Il faut comprendre que plusieurs des instructeurs qui forment les nouveaux employés cumulent plus d’un emploi et ont donc une autre occupation le jour. Ce qui explique en partie la façon dont le manque de disponibilité en soirée freine la formation des nouveaux professeurs de conduite. 

Il faut désormais compter entre cinq semaines et trois mois pour compléter la formation de ces nouveaux venus, qui viennent en renfort aux équipes en place, et qui remplacent également les travailleurs de 65 ans et plus qui ont dû cesser d’enseigner à cause des facteurs de risque de transmission de la COVID-19. 

Hormis les cas particuliers de Montréal et Québec, Mme Sévigny juge que les délais pour un cours pratique «sont très acceptables» dans la plupart des régions. 

Elle estime qu’une personne qui voudrait débuter ses cours pourrait s’attendre «en moyenne à ce que cela prenne deux mois, au gros maximum trois mois» de plus que prévu. 

«C’est entamer le processus qui peut prendre plus de temps», explique Mylène Sévigny, qui précise qu’une personne peut être sur une liste d’attente un certain temps, mais qu’une fois le premier cours obtenu, la suite du processus est plus fluide. 

Elle croit aussi que la situation pourrait rapidement changer au fur et à mesure que la campagne de vaccination gagne du terrain et que les mesures viennent à s’alléger. 

Elle avance qu’une partie de l’engouement qu’elle observe non seulement pour les cours de conduite automobile, mais également pour les cours de moto, est attribuable au fait qu’il reste peu d’activités permises et que celles-ci permettent de goûter à une forme de liberté. 

«Il y a une frénésie qui s’est installée. Il y a une augmentation de la clientèle de jeunes qui veulent leur permis, ce qui cause une augmentation de l’achalandage», souligne la porte-parole de Tecnic. 

«Il y a aussi des gens qui déménagent plus au nord (de Montréal)», poursuit-elle, ce qui pourrait expliquer pourquoi plus de jeunes cherchent à obtenir leur permis dans les couronnes avoisinantes. 

Examen de la SAAQ

Pour ce qui est du temps d’attente pour un rendez-vous à un examen de conduite, la Société de l’assurance automobile du Québec répond de son côté que les délais sont maintenant comparables à ceux observés avant la pandémie. 

En juin dernier, on pouvait attendre un mois pour un examen pratique, selon ce que confirme le porte-parole Mario Vaillancourt. 

Aujourd’hui, le délai va de cinq à huit jours ouvrables pour l’ensemble du Québec. La situation peut varier un peu d’une région à l’autre. On parle de cinq à 10 jours ouvrables pour le Saguenay, par exemple. 

On parle même d’un à deux jours ouvrables dans certains centres régionaux et autour de huit à 10 jours ouvrables pour Montréal. 

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Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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