COVID-19: les agents de sécurité veulent une prime de risque

MONTRÉAL — Secoués par l’agression dont l’un des leurs a été victime au Wal-Mart de Sherbrooke, les agents de sécurité demandent de toucher une prime de risque.

À cause de la pandémie du coronavirus, les agents de sécurité sont tenus de faire respecter les directives — pas toujours populaires — de distanciation sociale et autres consignes propres à chaque employeur ou établissement.

Ils sont maintenant postés dans les épiceries, les pharmacies, les hôpitaux, les résidences pour personnes âgées, les quincailleries, les grandes surfaces et les succursales de la Société des alcools.

En entrevue lundi, Dominic Lemieux, directeur québécois du syndicat des Métallos, qui représente 15 000 agents de sécurité au Québec, a plaidé pour que les agents soient au moins compensés par une «prime de risque».

«Les travailleurs de la sécurité privée sont sur la première ligne, dans les épiceries, les pharmacies, les hôpitaux, pour tout ce qui est resté ouvert», a illustré M. Lemieux.

D’ailleurs, le nombre d’agents ne cesse d’augmenter depuis deux semaines, tellement les établissements doivent en embaucher, à cause du contexte de pandémie.

Ils sont les premiers au front et ils ne savent pas qui ils rencontrent ni leur état de santé. «Dès le début, ils ont eu affaire à des gens qui ne prenaient pas ça au sérieux», rapporte M. Lemieux.

Ils doivent questionner les clients ou gens qui se présentent, leur dire de se laver les mains, faire respecter le nombre maximal de personnes dans une pharmacie, par exemple, et, parfois, insister, expliquer encore, rappeler encore, s’interposer, se rapprocher à moins de deux mètres d’un client qui refuse d’obtempérer, voire avoir des «contacts physiques» avec des récalcitrants, rapporte M. Lemieux.

Le syndicat des Métallos et la FTQ, à laquelle il est affilié, revendiquent donc une «prime à l’heure» pour ces agents de sécurité.

Le président de la FTQ, Daniel Boyer, déplore le fait que ces agents n’ont accès à aucun programme d’aide aux travailleurs des services essentiels, ni à aucune prime de risque ou de reconnaissance.

«Il faut reconnaître le travail des agents de sécurité et le risque auquel ils sont confrontés dans la situation actuelle. Ces travailleurs doivent avoir accès à une vraie prime de risque, tout comme les travailleurs de la santé. C’est une question de gros bon sens», a plaidé le président de la plus grande centrale syndicale du Québec.

Les agents de sécurité sont rémunérés en vertu d’un décret de convention collective, ce qui implique qu’il concerne tant ceux qui sont syndiqués que ceux qui ne le sont pas.

En vertu de ce décret, depuis décembre dernier, le salaire de base d’un agent de sécurité classe A est de 18,04 $ l’heure et de 18,29 $ pour un agent de classe B. Peuvent aussi s’ajouter au salaire différentes primes.