COVID-19: les Américains critiquent la gestion du président, selon un sondage

Le sondage de l’Associated Press-NORC Center for Public Affairs Research révèle que 65 % des répondants affirment que Donald Trump n’a pas pris assez au sérieux l’épidémie de coronavirus aux États-Unis.

WASHINGTON — À moins de trois semaines du jour du scrutin, la majorité des Américains sont très critiques à l’égard de la gestion de la pandémie de COVID-19 par le président — et de sa propre expérience avec la maladie — selon un nouveau sondage de l’Associated Press-NORC Center for Public Affairs Research.

L’enquête démontre également que peu d’Américains ont un niveau de confiance élevé envers les informations que la Maison Blanche a publiées sur la santé de Donald Trump. Les premiers comptes rendus de l’état de santé de M. Trump étaient obscurs et contradictoires, et la Maison Blanche refuse toujours de dire quand le président a été déclaré négatif pour la dernière fois avant que son infection ne devienne publique.

La maladie et l’hospitalisation de Donald Trump ont recentré la dernière étape critique de la campagne présidentielle sur la pandémie, qui a tué plus de 216 000 personnes aux États-Unis cette année. Le candidat démocrate Joe Biden a cherché à faire de l’élection un référendum sur la gestion du virus par le président républicain, accusant M. Trump d’avoir mal géré la pandémie et d’avoir coûté la vie aux Américains.

Le sondage AP-NORC suggère que de nombreux Américains sont d’accord avec ce point de vue; 65 % des répondants affirmant que Donald Trump n’a pas pris assez au sérieux l’épidémie de coronavirus aux États-Unis.

L’enquête, qui a été effectuée une semaine après que le président eut révélé son propre diagnostic de COVID-19, démontre également que 54 % des Américains désapprouvent la façon dont la Maison Blanche a géré cet épisode.

Le révérend Joseph Wiseman, un républicain du Kansas qui appuie Joe Biden, est parmi ceux-là. M. Wiseman dit avoir été découragé par «l’attitude cavalière» du président à l’égard de la pandémie. Il déplore également le «mépris de M. Trump pour la santé et le bien-être» des personnes autour de lui qui ont été exposées au virus lors des événements de la Maison Blanche, et lors d’une promenade en voiture pour saluer ses partisans pendant son séjour à l’hôpital.

Donald Trump a passé quatre jours dans un hôpital militaire, où il a été traité avec un traitement médicamenteux costaud. Dimanche, son médecin a déclaré qu’il n’était plus contagieux et il a repris sa campagne électorale cette semaine, organisant des rassemblements dans les États pivots du pays.

Le président était impatient de reprendre sa campagne, notamment pour envoyer un message aux Américains selon lequel ils ne devraient pas permettre au virus de dominer leur vie. C’est un message qui a été bien accueilli par certains des partisans du président.

«Je pense que du début à la fin, il s’en est sorti assez rapidement et il est de retour», a déclaré Jim Gula, un républicain et partisan du président originaire de Jacksonville, en Floride. «Et je pense que c’est une réflexion sur l’ensemble des personnes qui ont obtenu un test positif», a ajouté l’homme de 71 ans.

La pandémie a bouleversé les projets de Donald Trump qui souhaitait faire campagne  en 2020 sur son bilan économique enviable et l’a obligé à incarner le rôle d’un président en situation de crise. Il a tenté à plusieurs reprises de minimiser l’impact du virus, même après sa propre infection et s’est opposé à certaines des mesures de sécurité les plus strictes recommandées par sa propre administration.

Avec le vote anticipé qui est déjà en cours dans une grande partie du pays, les sondages nationaux montrent que Joe Biden mène avec une marge importante, bien que les chiffres soient plus serrés dans des États clés. Le président passe une bonne partie de sa semaine dans des États où son avance devrait être confortable, dont l’Iowa et la Géorgie, qui n’ont pas voté pour un démocrate à la présidence depuis 1992.

La course est restée relativement stable pendant des semaines, Donald Trump étant incapable de gagner du terrain considérable face à Joe Biden, malgré sa tentative de recentrer la campagne sur la «loi et l’ordre» et sur la nomination de la juge Amy Coney Barrett à la Cour suprême pour remplacer la regrettée juge progressiste Ruth Bader Ginsburg.

Selon le sondage, qui a été mené largement avant les audiences de la juge Coney Barrett devant le Sénat, les Américains étaient divisés sur sa confirmation. Trente pour cent étaient favorables à la confirmation, 35 % s’y opposaient et 34 % déclaraient n’avoir aucune opinion. Les républicains étaient beaucoup plus susceptibles de soutenir la confirmation que les démocrates.

À quelques jours des élections, Donald Trump a un taux d’approbation de 39 %, ce qui s’apparente aux taux enregistrés tout au long de sa présidence. Mais le sondage comporte d’autres avertissements pour lui.

Soixante-quatorze pour cent des Américains disent que le pays va dans la mauvaise direction, dont la moitié sont des républicains.

Et bien que la majorité des républicains, 83%, approuvent le travail de Donald Trump, moins, 70 %, soutiennent sa gestion de la pandémie. Les républicains ont également montré un certain scepticisme face à la gestion du diagnostic de M. Trump par la Maison Blanche — seulement la moitié d’entre eux ont dit qu’ils faisaient «beaucoup ou pas mal» confiance aux informations fournies au public.

Le président continue de gagner plus d’éloges pour sa gestion de l’économie: 49 % des Américains l’approuvent et 51 % le désapprouvent. Avec un taux de chômage toujours élevé et les difficultés des entreprises en temps de pandémie, 61 % des Américains ont qualifié l’économie du pays comme étant affaiblie.

Mais environ les deux tiers des Américains disent que leur situation financière personnelle est bonne, ce qui est resté constant depuis avant la pandémie.

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Le sondage AP-NORC auprès de 1121 adultes a été mené du 8 au 12 octobre en utilisant un échantillon tiré du panel probabiliste AmeriSpeak de NORC, qui est conçu pour être représentatif de la population américaine. La marge d’erreur pour tous les répondants est de plus ou moins quatre points de pourcentage.

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