COVID-19: Les cardiologues lancent un cri du coeur au gouvernement Legault

QUÉBEC — Les cardiologues lancent un cri du coeur au premier ministre François Legault.

Les Québécois aux prises avec des problèmes cardiovasculaires doivent être traités et opérés, sans plus attendre, insistent-ils.

La vie de nombreux patients est présentement en jeu, selon eux, d’où l’urgence d’agir en les autorisant à recommencer à traiter et opérer les malades du coeur.

Sinon, des «dommages collatéraux» considérables sont à prévoir dans le réseau de la santé dans les prochains mois.

Dans une lettre expédiée au premier ministre Legault et à la ministre de la Santé, Danielle McCann, obtenue dimanche par La Presse canadienne, l’Association des cardiologues du Québec met en garde le gouvernement contre la tentation de prolonger le report des chirurgies jugées non urgentes destinées aux patients souffrant de problèmes cardiaques.

Dimanche, l’association n’avait toujours pas reçu de réponse à sa lettre expédiée vendredi.

Fin mars, afin de libérer le maximum de lits pour les patients atteints de la COVID-19, la ministre McCann avait donné une directive interdisant toute chirurgie non urgente.

Dans un véritable «cri du coeur» au gouvernement, le président de l’Association des cardiologues du Québec, le Dr Arsène Joseph Basmadjian, juge que cette situation ne peut plus durer.

«Tout le monde mérite des soins», rappelle le cardiologue, en entrevue téléphonique, disant craindre que Québec choisisse de prolonger encore un temps les restrictions imposées notamment aux blocs opératoires des hôpitaux.

Depuis le début de la crise sanitaire, dit-il, les gens ont une peur «disproportionnée» de se rendre à l’urgence et d’attraper la COVID-19, même s’ils éprouvent des symptômes associés à l’infarctus. Ils préfèrent voir leur situation se dégrader et consulter en dernier recours, quand ils n’ont plus le choix et que leur état s’est aggravé au point de présenter des complications majeures.

Il dit pouvoir citer «des dizaines d’exemples» de gens qui ont attendu trop longtemps avant de consulter, au cours du dernier mois.

Des gens «mettent leur vie en danger». D’autres sont morts, faute d’interventions à temps.

À ce rythme, le Dr Basmadjian croit que le gouvernement pourrait dans quelques mois se retrouver avec sur les bras une crise sanitaire encore «plus dévastatrice», soit une deuxième vague de cas de COVID-19, doublée d’une vague d’infarctus à gérer.

Il note de plus que tout le secteur de la cardiologie a été mis sur «hold», alors que déjà les listes d’attente s’allongeaient. Le rattrapage sera d’autant plus long.

On estime qu’environ la moitié des chirurgies cardiaques prévues depuis un mois ont dû être reportées à une date indéterminée.

Pendant ce temps, la santé des personnes en cause «se détériore rapidement», déplore-t-il.

«En cardiologie, la question du temps est cruciale et déterminante dans le traitement et les interventions à prodiguer pour éviter les complications et les décès», rappelle le président de l’association, dans sa lettre au gouvernement.

«Il est maintenant temps de lancer une ALERTE pour éviter d’autres drames liés à la mortalité et la morbidité cardiaque», ajoute-t-il, en ayant recours aux majuscules pour appuyer son propos.

Les cardiologues réclament que les activités reprennent «le plus rapidement possible», dans les secteurs suivants: hémodynamie, électrophysiologie, chirurgie cardiaque, examens diagnostics et imagerie en cardiologie.

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