La COVID-19 pourrait se propager aux mammifères marins

Le virus pourrait se transmettre par des eaux usées ou mal traitées en usine.

Photo : Paola Ocaranza / Unsplash

HALIFAX — Une nouvelle étude conclut que la COVID-19 pourrait se propager aux baleines et à d’autres mammifères marins par des eaux usées ou mal traitées en usine.

Des chercheurs de l’Université Dalhousie, à Halifax, affirment que même s’il n’y a eu aucun cas documenté à ce jour, les dauphins et les bélugas ont déjà été infectés dans le passé par des coronavirus semblables au SRAS-CoV-2.

Dans l’étude, publiée dans la revue Science of the Total Environment, les chercheurs décrivent comment ils ont utilisé la cartographie des génomes pour déterminer quels mammifères marins seraient vulnérables au nouveau coronavirus responsable de la COVID-19.

Lorsque les chercheurs ont recensé les acides aminés auxquels se lie le coronavirus à la surface des cellules pour les infecter, ils ont découvert des similitudes frappantes entre les amino-acides des humains et ceux de plusieurs mammifères marins — notamment les dauphins, les bélugas, les phoques et les loutres de mer.

Selon Graham Dellaire, directeur de la recherche au département de pathologie de Dalhousie, l’équipe a découvert qu’au moins 15 espèces de mammifères marins seraient sensibles à l’infection virale, car elles portent chacune une protéine essentielle au SRAS-CoV-2 pour infecter les cellules.

L’étude prédit que la majorité des espèces de baleines, de dauphins et de marsouins — 18 sur 21 — auraient une sensibilité au virus identique ou supérieure à celle des humains ; huit espèces de phoques sur neuf devraient également être très sensibles à ce coronavirus.

Or, « plusieurs de ces espèces sont menacées ou en danger critique d’extinction », rappelle M. Dellaire dans un communiqué. « Dans le passé, ces animaux ont été infectés par des coronavirus apparentés qui ont causé une maladie bénigne, mais aussi des lésions hépatiques et pulmonaires potentiellement mortelles. »

Des études ont montré que le coronavirus se retrouve dans les matières fécales et peut survivre dans l’eau jusqu’à 25 jours, ce qui soulève la possibilité que les eaux usées puissent propager la maladie. En Espagne, en Italie et en France, le SRAS-CoV-2 a déjà été détecté dans des eaux usées non traitées.

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