COVID-19: Les Québécois pourront réclamer leur passeport vaccinal numérique

QUÉBEC — Les Québécois pourront se procurer une sorte de passeport numérique prouvant qu’ils ont bel et bien été vaccinés contre le virus de la COVID-19. 

Éventuellement, ce précieux sésame pourrait dès lors leur ouvrir différentes portes, leur facilitant la vie par exemple pour prendre un avion, fréquenter un restaurant ou une salle de spectacle.

C’est ce qu’a indiqué jeudi le ministre de la Santé, Christian Dubé, en conférence de presse, à Montréal, en précisant que des équipes planchaient présentement sur ce projet à son ministère.

«C’est évident qu’il faut le faire», a soutenu le ministre, expliquant qu’une telle initiative s’inscrivait en droite ligne avec le carnet santé. 

«Pour moi, un passeport vaccinal digital, c’est tout à fait normal», selon lui.

Le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, a cependant mis un bémol, en ajoutant qu’il restait à définir les critères d’obtention de ce fameux passeport, qui ne doit pas devenir un «free for all» permettant de contourner les mesures sanitaires dès qu’on est vacciné.

Dans différents pays d’Europe, l’idée d’implanter le passeport vaccinal ne fait pas consensus. 

Quant à lui, le porte-parole de Québec solidaire, le député Gabriel Nadeau-Dubois, ne s’est pas du tout montré enchanté par cette idée, qui soulève selon lui de nombreuses questions éthiques.

«Je suis surpris de la grande légèreté avec laquelle le ministre de la Santé ouvre la porte d’un débat aussi sensible éthiquement. Contrairement à ce qu’il semble sous-entendre, cette idée n’a rien de banale ou d’anodine. Les effets potentiellement discriminatoires d’un tel passeport vaccinal sont considérables», a-t-il fait valoir par communiqué, invitant le gouvernement «à la plus grande prudence».

Opération vaccination en marche

Pendant ce temps, le lancement de l’opération prise de rendez-vous pour la vaccination des aînés de 85 ans et plus a été couronné de succès, a commenté le ministre Dubé.

En quelques heures seulement, pas moins de 100 000 personnes très âgées ont déjà pris leur rendez-vous pour être vaccinées contre le virus de la COVID-19.

Le ministre a noté que les proches aidants âgés de 70 ans et plus pourraient se faire vacciner eux aussi, en accompagnant une personne de 85 ans ou plus. «On va les passer ensemble», assure le ministre.

Il a demandé aux personnes âgées de moins de 85 ans de ne pas prendre de rendez-vous pour l’instant, «par solidarité», et surtout pour ne pas engorger la ligne téléphonique, qui a connu des difficultés techniques temporaires avec la bande passante jeudi matin.

Il existe deux moyens de prendre rendez-vous, soit par téléphone ou par la plateforme web Clic Santé, qui peut stocker jusqu’à 12,5 rendez-vous à la seconde. 

La vaccination des aînés de 85 ans et plus est réservée, dès lundi, le 1er mars, aux gens de la région de Montréal aptes à se déplacer. Ceux des autres régions y auront accès la semaine suivante, à compter du 8 mars.

M. Dubé était satisfait par ailleurs de noter que le Québec allait recevoir 700 000 doses de vaccins d’ici la fin du mois de mars. 

Il a confirmé aussi que la deuxième dose du vaccin pourrait être donnée à partir du 15 mars, comme prévu.

À l’approche de la semaine de relâche, le ministre a demandé aux Québécois de suivre les directives sanitaires à la lettre et de ne pas baisser la garde. 

Les allègements annoncés à partir du 26 février, comme l’ouverture des cinémas en zone rouge, valent toujours. Mais le ministre demeure inquiet, en raison de la présence des variants, et il dit espérer ne pas devoir «reculer dans les prochaines semaines».

Rappelons notamment que les rassemblements privés demeurent interdits et que le couvre-feu est maintenu.

À ce jour, le Québec soupçonne la présence de 772 cas de variants du virus, toujours sous analyse et faisant l’objet du procédé de séquençage. 

La capacité du Québec de contrôler ces variants, réputés très contagieux, sera au coeur des préoccupations du gouvernement dans les prochaines semaines et sera déterminante pour la suite des choses, a laissé entendre le ministre.

Les écoliers masqués

Il faudra par ailleurs attendre la conférence de presse du gouvernement prévue mardi prochain pour confirmer l’information, publiée mercredi, selon laquelle les élèves du primaire dans le Grand Montréal devront porter le masque médical en classe au retour de la semaine de relâche.

Questionné à ce sujet, le ministre Dubé a invité la population à la patience.

Le gouvernement Legault devrait aussi étendre la mesure aux autres régions en zone rouge une semaine plus tard, soit le 15 mars.

Actuellement, les élèves du primaire portent le masque dans l’autobus et dans les corridors de l’école. Seuls les élèves de cinquième et sixième année doivent porter un masque en classe.

Désormais, si l’information est confirmée, tous les élèves de la première année à la sixième année devront porter un masque de procédure en tout temps, sauf dans la cour de récréation, à la suite d’une recommandation de la Santé publique.

Le gouvernement fournira aux écoles des masques «bleus» de petite taille, adaptés aux visages des enfants.

Au secondaire, le masque de procédure est obligatoire depuis le 18 janvier. Chaque élève en reçoit deux par jour.

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