COVID-19: les travailleurs de la culture frappés par la détresse psychologique

MONTRÉAL — La détresse psychologique a frappé un bon nombre d’artistes et travailleurs de l’industrie de la culture depuis le début de la pandémie, selon une nouvelle étude rendue publique lundi.

Une étude menée par huit associations œuvrant dans le milieu des arts et de la culture, représentant quelque 26 000 travailleurs, indique ainsi que 43 % des répondants ont présenté des symptômes de dépression majeure au cours de la dernière année. 

De ce nombre, 11,7 % des gens ont indiqué avoir eu des pensées suicidaires. Pour 72 % des répondants ayant dit avoir vécu de la détresse psychologique, celle-ci est associée entièrement (26 %) ou partiellement (46 %) à la pandémie. 

La pandémie de COVID-19 a durement touché le milieu culturel, alors que de nombreux lieux de diffusion de spectacles ont dû être fermés sous l’ordre des autorités de santé publique. L’Association canadienne des organismes artistiques rapportait en janvier qu’un travailleur sur quatre du secteur des arts, du spectacle et des loisirs a perdu son emploi en 2020, par rapport à 2019. 

Ces difficultés ont poussé plusieurs travailleurs de l’industrie culturelle à se questionner sur leur avenir. Plus de 41 % des répondants à l’étude publiée lundi ont ainsi considéré ou considèrent abandonner leur carrière et leur domaine de création.

Les associations derrière l’étude — qui incluent l’Union des artistes, la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec, l’Union des écrivaines et des écrivains québécois et l’Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec — souhaitent proposer aux gouvernements ainsi qu’à l’ensemble des parties prenantes de la culture trois chantiers de travail afin d’assurer la relance et la pérennité du secteur de la culture.

On demande notamment une réforme les lois, afin d’inclure les travailleurs autonomes au régime d’assurance emploi et de procéder à la révision en profondeur des deux lois sur le statut de l’artiste.

On croit également nécessaire de réviser les modèles de financement de la culture, de revoir la chaîne de financement et la hauteur de la contribution publique pour s’assurer qu’elle se rend jusqu’aux artistes, créateurs et professionnels de la culture .

On demande aussi une injection de nouveaux fonds en culture pour assurer la relance des institutions muséales, des salles de spectacle, des théâtres et des festivals. On estime que des sommes doivent être réservées pour des programmes de soutien en santé mentale et d’appui à la création et au renouvellement des expertises.

«Si on veut que la culture continue d’être le miroir de la société québécoise, dans toute sa diversité, il faut assurer la mise en œuvre de mesures pérennes de soutien aux conditions de vie des artistes, a indiqué par communiqué la présidente de l’Union des artistes», Sophie Prégent. 

«Les chiffres dévoilés aujourd’hui démontrent qu’il faut plus que de l’argent. Il faut de l’écoute, de la considération et un dialogue continu, car sans artistes, il n’y a pas de culture.»

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