COVID-19: l’offre de négociation accélérée vaut pour tout le secteur public

MONTRÉAL — L’offre du gouvernement Legault de procéder à une négociation accélérée pour le secteur de la santé vaut en fait pour tout le secteur public.

Plusieurs syndicats des secteurs public et parapublic contactés par La Presse canadienne ont confirmé jeudi avoir récemment reçu une telle offre, même s’ils ont aussi des membres dans les autres réseaux, soit l’éducation et la fonction publique.

Le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, l’a confirmé jeudi. «Il y a bel et bien eu une invitation à négocier de façon plus rapide qui a été faite à tous les syndicats. Nous avons également établi un cadre de négociation», a-t-il répondu par courriel.

Le ministre Dubé n’a toutefois pas voulu en dire davantage. «Nous ne négocions pas sur la place publique.»

Les négociations dans les secteurs public et parapublic concernent 550 000 employés de l’État. Les conventions collectives viennent à échéance le 31 mars.

«Dans le contexte actuel de la pandémie du COVID-19, nous avons des discussions quotidiennes avec les syndicats, afin de voir ce qui peut être mis en place pour soutenir le personnel du réseau de la santé qui s’apprête à affronter des semaines, des mois qui seront particulièrement difficiles et exigeants. La situation évolue rapidement et il est approprié pour le Conseil du trésor d’évaluer la meilleure façon de travailler conjointement et de faire face à la crise actuelle», a ajouté le ministre Dubé.

La Presse avait rapporté plus tôt cette semaine que cette offre de négociation accélérée en vue du renouvellement des conventions collectives touchait le secteur de la santé, à cause du contexte du coronavirus.

La FIQ et l’APTS, qui représentent 131 000 infirmières et techniciennes dans la santé, s’étaient empressées d’accepter l’offre de négocier rapidement pour améliorer les conditions d’exercice et de travail dans le contexte actuel.

La présidente de l’APTS, Andrée Poirier, a par exemple dit vouloir négocier le retrait des travailleuses enceintes qui pourraient être exposées au coronavirus.

La présidente du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec, Line Lamarre, a indiqué jeudi avoir accepté le mode de négociation accéléré, mais ne s’est pas prononcée sur le montant des augmentations salariales qui ont circulé jusqu’ici.

D’ailleurs, aucune offre salariale n’a été faite officiellement. En se basant sur les projections de l’Indice des prix à la consommation qui ont été énoncées dans le dernier budget Girard, certains en ont conclu que les offres pourraient être de 6,4 pour cent sur trois ans. Mais rien n’est sûr pour le moment.

À son tour, le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec a accepté l’offre de négocier de façon accélérée. «Nous acceptons l’offre gouvernementale de nous asseoir à la table de négociation. La durée de la crise reliée à la COVID-19 étant inconnue, il est probable que les services publics subissent des perturbations pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois», a souligné son président général, Christian Daigle.

Les autres organisations syndicales doivent donner leur réponse au gouvernement d’ici la fin de la semaine.

La situation évolue à un rythme effréné. Dimanche dernier à peine, les centrales syndicales CSN, CSQ et FTQ avaient même accepté de suspendre les négociations du secteur public, à cause du coronavirus. Elles se retrouvent aujourd’hui avec une offre de négociation plutôt accélérée.

La FTQ s’est par ailleurs dite très déçue de l’arrêté ministériel touchant le milieu de l’éducation et qui donne le pouvoir d’affecter du personnel de l’éducation à d’autres tâches. La FTQ représente du personnel de soutien dans ce domaine.

Elle a fait valoir que «rien n’annonçait un tel geste» et que les organisations syndicales n’ont même pas été prévenues de l’intention de recourir à une telle mesure d’exception.

En conférence de presse toutefois, le premier ministre François Legault a déploré la façon avec laquelle on avait procédé et il a assuré que la mesure visait seulement à se donner les pouvoirs d’agir en ce sens, par mesure exceptionnelle.

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