COVID-19: MacKay suggère que le Canada utilise la loi de Sergueï Magnitski

OTTAWA — Le candidat à la direction du Parti conservateur (PCC), Peter MacKay, propose que le Canada ait recours à sa propre juridiction s’il est démontré que des individus ont supprimé ou falsifié des informations à propos de l’éclosion du nouveau coronavirus en Chine.

Il s’agit, pour M. MacKay, d’invoquer la Loi sur la justice pour les victimes de dirigeants étrangers corrompus, également appelée loi de Sergueï Magnitski, qui a été adoptée en 2017. 

Cette loi prévoit la prise de mesures restrictives contre les étrangers responsables de violations graves de droits de la personne reconnus à l’échelle internationale.

Une enquête approfondie sur les causes de la pandémie mondiale de COVID-19 est nécessaire, selon M. MacKay, qui ajoute que si des gens en ont été à l’origine, ils doivent être tenus responsables.

Le gouvernement de la Chine est soupçonné dans certains pays d’avoir été conscient de l’émergence du virus à la fin de l’année dernière, mais d’avoir négligé d’en informer les autorités internationales de santé publique.

Peter MacKay a évoqué le recours à la Loi sur la justice pour les victimes de dirigeants étrangers corrompus mercredi soir dernier lors d’entretiens avec des supporteurs. Le mois dernier, l’ex-ministre fédéral de la Justice, Irwin Cotler, avait lui aussi soulevé cette possibilité.

Cette loi est aussi appelée loi de Sergueï Magnitski en mémoire de cet avocat de Moscou qui a mis au jour la plus importante fraude fiscale de l’histoire de la Russie. Il a été détenu sans procès et torturé et en est mort en prison le 16 novembre 2009.

Le Canada prétend qu’aucune enquête rigoureuse, indépendante et objective n’a été menée par les autorités russes sur la détention, la torture et la mort de Sergueï Magnitski.

À l’instar du Canada, les assemblées législatives des États-Unis, du Parlement européen, du Royaume-Uni, des Pays-Bas, de l’Italie et de la Pologne ont adopté des mesures législatives et des motions condamnant le mauvais traitement que Sergueï Magnitski a subi.