COVID-19: Montréal pourrait avoir perdu de 104,8 millions $ à 294 millions $

MONTRÉAL — La crise de la COVID-19 pourrait représenter un manque à gagner de 104,8 millions $ à 294,1 millions $ pour la Ville de Montréal, ont indiqué jeudi la mairesse Valérie Plante et le président du comité exécutif, Benoît Dorais.

Une grande partie de ces pertes découle de la forte diminution des revenus tirés des droits de mutation perçus par la Ville, de l’émission des permis ou encore de frais d’admission aux activités culturelles et sportives.

«Les gens achètent ou pas des maisons. Les achats sont au ralenti, a fait valoir M. Dorais. Les droits de mutation ne seront pas perçus tout de suite. On va les percevoir beaucoup moins rapidement que projeté.»

ll a toutefois signalé qu’un portait plus précis pourrait être tracé après le déconfinement.

La situation financière du transport collectif de la région montréalaise n’est pas plus rose. Selon M. Dorais, la crise pourrait représenter un manque à gagner allant de 154 millions $ à 244 millions $ pour l’Autorité régionale de transport métropolitain.

Pour faire face à cette crise financière, Mme Plante et M. Dorais ont annoncé un plan de réduction de dépenses de 123,4 millions $, dont 85,7 millions $ pour les services centraux. Les arrondissements seront aussi appelés à contribution puisqu’ils devront réduire leurs dépenses de 3,1 %.

«Ce plan est la première étape d’un resserrement budgétaire qui, s’il est difficile, est absolument nécessaire», a déclaré Mme Plante.

Selon M. Dorais, ce plan se traduira notamment par un gel des embauches, un gel des achats, un gel des honoraires et des dépenses contingentes. Certains projets seront retardés ou annulés, même si lui et Mme Plante n’ont pas encore précisé lesquels.

«En agissant dès maintenant de façon rapide, de façon diligente, on s’assure de limiter les impacts négatifs sur les finances de la Ville et notre population», a dit M. Dorais.

Les syndicats seront aussi appelés à contribuer pour remettre à flot les finances de la Ville, mais Mme Plante et M. Dorais ont refusé de s’avancer sur les mesures qui seront prises à cet effet.

M. Dorais a voulu rassurer les employés municipaux. «Il n’est pas dans notre plan en ce moment qu’il se traduise par des mises à pied qui vont être massives», a-t-il dit.

Il a toutefois mentionné que le déconfinement pourra aussi avoir une influence sur l’ensemble de la main-d’oeuvre. «Il y a des gens qui revenaient nécessairement pour les activités d’été, mais si ces activités n’ont pas lieu, on ne rappellera pas ces gens.»

Les autorités montréalaises espèrent ne pas avoir à refiler la facture aux contribuables montréalais ou à réduire les services offerts. Elles comptent éventuellement sur un soutien financier des gouvernements.

«On voulait montrer l’exemple en disant qu’on fait des efforts considérables pour trouver des sommes pour nous permettre de rester à flot, mais nécessairement, on ne pourra pas y arriver sur le long terme sans l’aide de Québec et d’Ottawa», a souligné Mme Plante qui a ajouté que la Ville travaillait aussi à mettre sur pied un plan de relance.

Tous deux ont convenu que leur plan de redressement était fondé en partie sur un scénario optimiste d’un déconfinement rapide accompagné d’une relance rapide.

«Mais on n’a pas une boule de cristal. Il y a beaucoup d’éléments en suspend et on devra s’adapter à la situation», a dit Mme Plante.