COVID-19: O’Toole demande qu’Ottawa place l’armée sur le «pied de guerre»

OTTAWA — Le candidat à la direction du Parti conservateur Erin O’Toole demande que le gouvernement canadien place l’armée sur le «pied de guerre» pour lutter contre la propagation de la COVID-19.

Il s’agit de la dernière escalade de rhétorique dans une course à la direction conservatrice qui est soudainement bouleversée par la crise de santé publique, en évolution rapide et constante.

M. O’Toole a déclaré lundi qu’Ottawa devrait invoquer la Loi sur les mesures d’urgence afin de pouvoir interdire les voyages, imposer l’auto-isolement et contrôler les rassemblements, tout en mobilisant les militaires pour soutenir le système de santé.

«Il est maintenant temps de mettre notre gouvernement et notre économie sur le pied de guerre, avec du leadership venu d’en haut», a-t-il soutenu dans un courriel aux partisans conservateurs.

Les responsables de la santé publique un peu partout au pays imposent déjà d’importantes restrictions sur les voyages et les rassemblements, deux facteurs qui nuisent considérablement aux campagnes des candidats dans la course à la direction du Parti conservateur du Canada. Or, une importante date butoir approche à grands pas: tous ceux qui souhaitent être sur le bulletin de vote doivent déposer 300 000 $ et présenter 3000 signatures d’ici le 25 mars — dans un peu plus d’une semaine.

Jusqu’à présent, seuls M. O’Toole et Peter MacKay ont atteint cet objectif. Six autres candidats potentiels tentent de satisfaire à ces exigences d’ici neuf jours, et certains demandent d’ailleurs que les règles soient modifiées pour tenir compte des circonstances exceptionnelles de la crise de santé publique.

Mardi dernier, l’homme d’affaires albertain Rick Peterson a suspendu ses efforts de collecte de fonds, affirmant qu’il explorait d’autres sources de financement. Il aimerait maintenant que la date limite soit repoussée au 17 avril. «Nous ne demanderons pas aux gens d’envoyer de l’argent à une campagne politique à un moment où chaque dollar compte», a-t-il expliqué.

La candidate Marilyn Gladu, de son côté, estime même qu’il est devenu inconvenant de faire campagne. «Les Canadiens se concentrent maintenant sur la santé et la sécurité de leur famille et de leur communauté», a-t-elle soutenu.

«On aura bien assez de temps pour les impliquer dans une campagne à la direction efficace lorsque la menace immédiate de la pandémie de la COVID-19 aura été éliminée.»

Mais le comité organisateur de la course a refusé jusqu’ici d’apporter des changements majeurs au calendrier. Il devait plutôt envoyer mardi une lettre aux équipes de campagne pour résumer les consignes sanitaires des autorités et rappeler aux candidats qu’ils peuvent recueillir des appuis sans passer par les événements publics ou les rencontres en personne.

MM. O’Toole et MacKay ont publié dans les réseaux sociaux des photos où on les voit s’activer au téléphone, mais leur équipe respective a accusé l’autre camp de continuer à organiser des événements publics malgré une promesse de ne pas le faire.

Alors que le candidat O’Toole a demandé que l’armée soit mise à contribution, son adversaire MacKay a appelé le gouvernement à ne pas simplement dépenser plus d’argent des contribuables pour lutter contre les défis économiques créés par la propagation du coronavirus. Il a plutôt demandé aux libéraux d’accorder des allégements fiscaux aux contribuables afin que les Canadiens puissent s’aider eux-mêmes.

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