COVID-19: Pas de voyage d’une région à l’autre; l’armée pourrait intervenir

QUÉBEC — Tout déplacement d’une région à l’autre est désormais proscrit, dans le but d’éviter une possible propagation de la COVID-19 aux quatre coins du Québec.

Et si la population ne se montre pas plus disciplinée, en se soumettant volontairement à cette directive et aux autres décrétées plus tôt, le gouvernement Legault n’exclut pas de recourir à «des mesures de guerre», pour la forcer à obtempérer.

Certaines régions sont plus touchées que d’autres par la COVID-19 et le gouvernement Legault cherche à éviter de devoir fermer une région entière, si jamais dans un endroit donné la propagation du virus devenait hors de contrôle, ce qui n’est cependant pas prévu «à court terme».

Les citoyens sont donc tenus de renoncer désormais à tout déplacement non essentiel dans une autre région que la leur.

«Envoye à maison!», a dit le premier ministre François Legault, jeudi, en reprenant le titre d’une chanson de Jean-Pierre Ferland, durant sa conférence de presse quotidienne sur le virus, à l’intention des citoyens réticents à observer les consignes d’isolement, particulièrement les personnes âgées.

Car ce n’est vraiment pas le temps de se promener d’une région à l’autre, ni d’errer dans les centres commerciaux, ou encore d’aller souper au restaurant entre amis, a commenté le premier ministre, dans un rappel à l’ordre aux récalcitrants.

Il a aussi rappelé la consigne d’éviter tout rassemblement, où que ce soit, même à la maison.

L’armée en renfort?

Le premier ministre et le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, ont insisté jeudi sur l’importance d’observer à la lettre les consignes gouvernementales, pour éviter au gouvernement de recourir à la manière forte, en imposant des contraintes encore plus sévères.

M. Arruda a brandi le spectre d’une intervention militaire pour faire entendre raison aux délinquants.

Il a indiqué que la loi sur la santé publique lui donnait le pouvoir «d’aller en mesures de guerre».

«On pourrait faire sortir l’armée si vous voulez. On va vider les rues. Mais on n’en est pas là», a-t-il dit, se montrant prêt à utiliser la manière forte, en cas de désordre social.

«S’il faut prendre des mesures plus fortes, on va le faire. Mais plus les gens vont collaborer avec nous, plus on va avoir du succès, moins on va avoir besoin de ces mesures-là, qui briment les libertés», a-t-il reconnu.

121 cas confirmés

Le Québec compte actuellement 121 cas confirmés de contamination à la COVID-19, soit 27 de plus que la veille. On ne déplore toujours qu’un seul décès relié au virus.

Du total, sept malades ont dû être hospitalisés, tandis que 4000 personnes attendent toujours les résultats de leur test de dépistage.

Depuis jeudi, le réseau de la santé peut traiter jusqu’à 5000 tests par jour.

Aux sceptiques, M. Legault a réaffirmé que le réseau avait tout l’équipement nécessaire (masques, gants, respirateurs et autres) pour répondre aux besoins, même si le pire des scénarios se produisait.

Aux Québécois souvent très âgés qui reviennent au Québec après un long séjour aux États-Unis, ceux qu’on appelle communément les «snowbirds», M. Legault a dit qu’ils devraient se soumettre à un isolement volontaire de 14 jours.

Surtout, que nombre d’entre eux, de retour par voie terrestre, risquent de traverser des «zones chaudes», comme l’État de New York, l’un des plus touchés des États-Unis avec 2300 cas confirmés, a renchéri M. Arruda, augmentant ainsi le risque d’attraper le virus et de le transmettre à leurs proches.

On demande aussi aux «snowbirds» de s’abstenir de toute activité sociale destinée à «fêter leur retour au Québec».

Des agents des douanes devraient d’ailleurs leur fournir des informations à leur entrée au pays sur les consignes à observer.

Aux personnes qui éprouvent divers problèmes de santé autres que ceux reliés à la pandémie (toux, fièvre, difficultés respiratoires), Québec demande de consulter leur médecin de famille ou de s’adresser à une clinique médicale. Désormais, les médecins ont reçu la consigne de privilégier la télémédecine et d’effectuer leurs consultations par téléphone chaque fois que c’est possible.

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« Envoye à maison ! » Pis « l’armée » ? Oui, j’avais entendu. N’empêche.

Concernant la « distanciation sociale », ne trouve-t-on pas que c’est exactement l’inverse auquel on en appelle en réalité ou qu’on doit en appeler ? Soit au rapprochement social ?

On a rarement eu autant besoin d’échanges, communications et partages sociaux qu’actuellement. On assiste en effet à une sorte de… mondialisation du social ou d’inédite socialisation en ce moment. On doit convenir, mutuellement, de concert et concomitamment, de rester tout le monde chez soi.

En même temps, chez soi même on n’a guère d’autre choix, n’est-ce pas, si on a tant soit peu de coeur, que se rapprocher, socio-familialement, socio-affectivement, de… proches; vis-à-vis qui jusque-là restait-on, trop souvent ou trop longtemps, absents. Nécessité aujourd’hui, donc, de communiquer avec eux, pour qu’ils ne finissent pas de mourir – d’ennui, d’esseulement ou délaissement chroniques, éminemment plus que de Corona.

Puis, les réseaux… sociaux ne constituent-ils pas l’Exemple le plus éloquent de moyen grâce auquel on se rapproche plutôt que ne se distancie ?

On n’a peut-être jamais tant socialisé qu’on est en train de le faire et qu’on devra, probablement encore longtemps, continuer à le faire.

En fait, on se trouve acculé.e.s, contraint.e.s à socialiser davantage, autrement, devant éviter ou raréfier le plus possible e.g. « l’échange de produits biologiques. » *

Comme on voit, donc, c’est la récalcitrance, plutôt, qui f[er]ait office de distanciation sociale. Faute de socialité. De telle sorte que c’est bien ultimement la seule distance PHYSIQUE qui s’avère requise. Pour le reste, c’est plus de proximité, et sociale d’abord justement, qu’il faut. Pas moins.

* Ado, j’avais trouvé la distance idéale à observer en certaines circonstances : une verge