COVID-19: Québec investit 31 millions $ pour combattre la détresse et l’anxiété

QUÉBEC — La détresse et l’anxiété résultant du confinement forcé se répandent aussi vite que le virus de la COVID-19 dans la population.

À telle enseigne que le gouvernement Legault juge à propos d’intervenir dès maintenant pour les combattre.

Québec investit donc 31 millions $, pour l’année en cours, afin de bonifier divers programmes de santé mentale et espérer ainsi contrer la vague d’inquiétude et de stress qui déferle dans les chaumières depuis deux mois.

L’annonce a été faite mercredi, en conférence de presse, par la ministre de la Santé, Danielle McCann, en compagnie de la vice-première ministre Geneviève Guilbault et du directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda.

Québec estime que la pandémie de COVID-19 provoque actuellement une forme de détresse psychologique chez 15 pour cent des gens, soit sept fois plus qu’en temps normal.

Le plan d’action rendu public mercredi prévoit qu’on augmentera l’offre de services psychosociaux, notamment par l’embauche de professionnels (qui oeuvrent actuellement en milieu privé) et la bonification des services de la ligne Info-Social 811.

De plus, Mme McCann a rappelé qu’un programme destiné aux personnes endeuillées, qui a récemment été instauré, sera maintenu, tout comme plusieurs autres.

«Malheureusement, la situation risque d’empirer et de se prolonger», au cours des prochains mois, prévient la ministre McCann, qui se dit déterminée à aplanir la «courbe» d’anxiété au Québec.

Les personnes en détresse «ne doivent pas hésiter à demander de l’aide», a commenté la ministre McCann.

Le Québec a enregistré 112 décès attribuables à la COVID-19 de mardi à mercredi, pour un total de 2510 depuis le début de la crise sanitaire.

Confusion autour des 60-69 ans

Dans un autre ordre d’idées, la ministre Guilbault, qui remplaçait le premier ministre François Legault, a rappelé que le projet de rouvrir les garderies à compter de lundi prochain se ferait de façon graduelle.

La semaine prochaine, la première phase de déconfinement permettra aux garderies de fonctionner à 30 pour cent de leur capacité.

Quant aux écoles primaires, qui vont aussi ouvrir leurs portes la semaine prochaine, partout sauf à Montréal, elle a dit comprendre les préoccupations des enseignants et des éducatrices, particulièrement les plus âgés parmi eux, qui craignent pour leur santé.

Mais elle a souligné que le risque accru pour les personnes plus âgées visait les personnes de 70 ans et plus et non les personnes ayant entre 60 et 69 ans.

Les syndicats n’ont pas tardé à réagir pour s’étonner du fait que Québec demande aux éducatrices âgées entre 60 et 69 ans de travailler en garderie auprès de jeunes enfants, et en même temps interdit aux mêmes personnes de garder leurs propres petits-enfants, selon la consigne en vigueur.

La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) demande des clarifications au gouvernement.

Elle estime que selon la Santé publique ces personnes étaient considérées à risque jusqu’à maintenant.

Et le syndicat se demande à partir de quelle étude scientifique Québec pourrait décréter qu’une personne pourrait travailler auprès d’enfants mais «ne pourrait pas fréquenter ses propres petits-enfants?», s’est interrogé le président de la FAE, Sylvain Mallette, par voie de communiqué.

La présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Sonia Ethier, a renchéri.

«Il y a un urgent besoin de cohérence sur le terrain», de la part du gouvernement, a-t-elle commenté dans un communiqué.

Elle rappelle qu’il y a quelques jours à peine, les ministères de la Famille et de l’Éducation, appuyés par la Santé publique, «émettaient noir sur blanc encore comme consigne à tous leurs employés âgés de 60 ans et plus de demeurer à la maison parce qu’ils étaient considérés à risque».

Prisons

D’autre part, la ministre de la Sécurité publique a parlé des établissements de détention, où certaines personnes ont récemment reçu des tests positifs au coronavirus.

Mme Guilbault a admis que le réseau carcéral québécois était vulnérable, comme ailleurs dans le monde, et en conséquence elle a annoncé que des permissions de sortie pour des fins médicales seront accordées à des groupes de détenus «très ciblés», n’ayant commis aucun crime violent.

Par ailleurs, depuis le début de la crise et l’interdiction de tenir des rassemblements, la police a distribué plus de 5000 contraventions aux citoyens délinquants, a calculé la ministre de la Sécurité publique.

Pour ce qui est des tests de dépistage du virus, le gouvernement a indiqué la semaine dernière qu’il voulait faire un effort supplémentaire à l’approche du déconfinement, en faisant passer le nombre de 6000 tests effectués chaque jour au Québec à 14 000, soit sa capacité maximale.

Mercredi, on était rendu à «environ» 7000 tests par jour, a précisé le Dr Arruda.

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Elle a été parfaite aujourd’hui la v.-PM.

Elle n’en a pas moins r’évoqué, comme la fois précédente, son ‘ascendance’ ou ascendant catholaïque
en conviant instamment à éviter de « succomber à la tentation ».