COVID-19: Québec va lever progressivement les barrages routiers dès le 4 mai

QUÉBEC — Les Québécois vont pouvoir recommencer à circuler d’une région à l’autre à compter de lundi prochain, le 4 mai.

Mais ils devront demeurer disciplinés et continuer à suivre les consignes — distanciation sociale et interdiction de tout rassemblement — sinon, le gouvernement pourrait faire marche arrière et rétablir les barrages routiers, a prévenu mercredi la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, en conférence de presse.

Malgré la levée prochaine des barrages policiers installés ici et là, il faudra «éviter les déplacements superflus» d’une région à l’autre, a commenté Mme Guilbault, invitant les Québécois à se montrer «obéissants».

La vice-première ministre remplaçait mercredi le premier ministre François Legault, pour faire le point sur la lutte à la pandémie de COVID-19 qui secoue le Québec.

Même si le gouvernement va permettre davantage de déplacements interrégionaux, il est encore trop tôt pour planifier des vacances en Gaspésie, au Lac-Saint-Jean ou ailleurs au Québec cet été, la situation étant jugée encore trop incertaine, aux yeux des autorités.

«Il y a une opportunité touristique pour le Québec, qu’on va certainement vouloir saisir, mais au moment où on sera prêt à le faire», a dit la ministre. Et c’est encore trop tôt.

Les points de contrôle policiers qui visaient à empêcher les gens de circuler d’une région à l’autre, et ainsi diminuer le risque de propager le virus, seront donc progressivement abolis au cours des prochaines semaines.

À compter du 4 mai, les barrages seront levés dans les régions des Laurentides, de Lanaudière, de Chaudière-Appalaches et aux abords de la ville de Rouyn, en Abitibi.

Une semaine plus tard, le 11 mai, les résidants de l’Outaouais — sauf ceux de la ville de Gatineau —, de l’Abitibi en entier, de La Tuque et du Lac-Saint-Jean pourront recommencer à circuler librement.

Le 18 mai, ce sera au tour des régions du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie, des Îles-de-la-Madeleine, de Charlevoix et de la Côte-Nord d’être déconfinées.

Pour la ville de Gatineau et certaines régions éloignées, comme la Basse-Côte-Nord et le Grand-Nord, on n’a toujours pas fixé de date.

«Il ne faut toutefois pas considérer cette étape de déconfinement graduel comme étant synonyme de relâchement», a insisté Mme Guilbault, qui était accompagnée pour l’occasion de la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, et du directeur de la Santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda.

La décision de permettre à nouveau l’accès aux régions s’inscrit dans la série d’annonces faites cette semaine devant mener à un déconfinement progressif du Québec en mai. Lundi, on a pris connaissance du calendrier de réouverture des écoles primaires, mardi, c’était au tour des commerces et des entreprises.

Si les Québécois manquent de discipline, «on n’hésitera pas à repousser des réouvertures» prévues, a assuré Mme Guilbault.

CHSLD: urgence nationale

En marge de ce processus graduel de déconfinement, l’urgence nationale demeure aux yeux du gouvernement la situation dramatique dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), a commenté la ministre Guilbault.

À ce sujet, elle a indiqué qu’un nouveau contingent de 400 militaires s’ajoutera à ceux qui sont déjà en place au Québec depuis le 20 avril.

Ces militaires seront répartis dans huit CHSLD et résidences de personnes âgées. Ces huit établissements s’ajoutent aux cinq où avaient été déployés d’autres militaires ces derniers jours.

Le Québec a enregistré 79 nouveaux décès de mardi à mercredi, pour un total de 1761 depuis le début de la crise sanitaire. La grande majorité des décès surviennent dans les centres d’hébergement pour aînés.

Dans l’ensemble, la situation vécue dans la ville de Montréal demeure un sujet de préoccupation, a convenu de son côté la ministre McCann.

La métropole, particulièrement le secteur de Montréal-Nord, constitue un «secteur chaud» que le gouvernement cherche à «stabiliser», tant en ce qui a trait aux CHSLD, qu’en milieu hospitalier, notamment à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, établissement «vétuste» frappé par une importante éclosion de COVID-19, a-t-elle dit.

Les commentaires sont fermés.

Il n’y a pas que ‘discipline’, qu’observance rigoureuse des consignes requises pour réussite ou faisabilité du déconfinement. Il faudrait qu’il y ait moins de cas nouveaux un moment donné.

Car, là, en ce moment, ça ne diminue résolument pas. Aujourd’hui encore, tout près d’un millier de nouveaux cas.
Et, ça, c’est seulement relativement aux testé.e.s; ce n’est pas eu égard à toute la population.

Concernant la centaine de nouveaux décès quotidiennement, faudra ‘comme’ « s’y habituer ». Car…
Ça, ça ne décroîtra résolument pas au cours des prochains jours ni des prochaines semaines.
Considérant les actuel.le.s 4400 contaminé.e.s en CHSLD, en effet, et sachant que l’espérance de vie
n’y est guère bien longue; il ne faudra pas être étonné.e.s qu’il y ait entre 2000 et 4000 autres décès ‘là’
(d’ici plus ou moins un mois, c’est-à-dire possiblement près de mille/semaine, soit, donc, une augmentation
là, au lieu d’une diminution 🙁

Par contre, à l’évidence, ces mille cas nouveaux s’ajoutant chaque jour, n’en sont sûrement pas répertoriés
en majorité en CHSLD. Ils proviennent plutôt, pour la plupart, de la population en général. Ce qui veut dire…
que ça n’y ‘baisse’ pas – l’infection/contagion – en la population ‘at large’. Et ce en dépit de tout ce qui est fait
pour, justement, tâcher que ça y diminue tant soit peu. Si bien que…

Vraiment, franchement, en ce moment, ça n’augure pas plus jojo qu’il faut, en métropole plus particulièrement.

Autre ‘image’ : alors qu’en début de semaine le premier ministre a semblé se porter assez bien, aujourd’hui…
oh la la — ce qu’il avait l’air fatigué, épuisé !

Si bien que (bis) sous peu on risque de friser l’impasse. On a déjà, en effet, le personnel de base en santé qui
est exténué, ‘à bout’; si, donc, fallait qu’en sus les décideurs le plus au sommet en viennent aussi à n’en plus…
pouvoir…