COVID-19: la vaccination chez les jeunes enfants débutera la semaine prochaine

MONTRÉAL — La campagne de vaccination contre la COVID-19 sera élargie aux enfants de six mois à quatre ans dès lundi prochain au Québec, a annoncé le directeur national de santé publique, le Dr Luc Boileau, qui observe la venue d’une stabilisation des cas et des hospitalisations dans la province.

Les parents peuvent déjà prendre rendez-vous sur le site de Clic Santé pour leurs tout-petits afin de recevoir une première dose du vaccin Spikevax de Moderna, qui a obtenu le feu vert de Santé Canada la semaine dernière. 

Le Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) a donné à son tour son aval au vaccin, disant qu’il génère une «bonne réponse immunitaire chez les enfants après deux doses» avec un dosage réduit, a détaillé le ministère de la Santé et des Services sociaux dans un communiqué. 

Le Québec a obtenu une première livraison de plus de 70 000 doses cette semaine, a indiqué le Dr Boileau, en conférence de presse jeudi à Montréal. La catégorie des six mois à quatre ans représente environ 400 000 enfants. 

«On ne va pas se fixer des objectifs pour ce groupe-là. C’est vraiment une disponibilité du vaccin. Ceux chez qui on encourage vivement (la vaccination), ce sont ceux qui ont des conditions particulières de vulnérabilité», a mentionné le Dr Boileau, accompagné du secrétaire du CIQ, le Dr Nicholas Brousseau.

«Je crois que c’est une bonne idée pour les parents d’immuniser leurs enfants. Ils diminuent pour eux le risque d’aller à l’hôpital. Les enfants ont moins de risque d’être hospitalisés à cause de la COVID-19, mais les très jeunes enfants ont plus de risques que chez les plus vieux», a fait valoir le Dr Brousseau. 

Pour les enfants immunodéprimés, le CIQ recommande trois doses, en utilisant un intervalle minimal de quatre semaines entre chaque dose. Tandis qu’une seule dose est suffisante pour un enfant en bonne santé ayant déjà eu la COVID-19.

Vers un plateau

La recrudescence des cas et des hospitalisations observés depuis le début de l’été tend à se stabiliser selon les projections, a déclaré le Dr Boileau. 

«On est en route vers un plateau. (…) Ça ne veut pas dire que ça baisse. Ça veut dire que ça reste élevé, mais ce n’est pas en train de réaugmenter au niveau des hospitalisations», a-t-il mentionné, précisant que les prochaines données viendront confirmer si la courbe commencera bientôt sa descente.  

Le Dr Boileau n’a pas manqué de réitérer l’importance de demeurer prudent et d’opter pour des mesures de protection de base comme la vaccination, la distanciation, le lavage des mains, le port du masque ainsi que s’isoler à l’apparition de symptômes, soulignant à gros trait que le risque de contagion est de 10 jours. 

Pas question cependant de suggérer de nouveau la réinstauration de mesures obligatoires pour ralentir la propagation, appelant à la «bonne volonté» de chacun. 

«Il faut être prudent dans l’idée de ramener des mesures obligatoires. Je crois encore, après analyse, que nous sommes capables de traverser ça si tout le monde y met de sa bonne volonté. (…) On est capable de fonctionner avec des recommandations et de repérer pour soi les meilleures pratiques qui nous concernent», a-t-il affirmé. 

Plus tôt jeudi, le premier ministre François Legault n’était pas non plus clairement alarmé par la recrudescence des cas, faisant valoir que même s’il y a plus d’infections au virus, «toutes proportions gardées, il y a moins d’hospitalisations et il y a moins de décès».

La situation pandémique elle-même, croit-il, n’est pas critique. «La santé publique ne recommande pas de mettre en place des mesures», a-t-il affirmé, lors d’un événement partisan, à Montréal.

«Il ne faut rien prendre pour acquis», a-t-il toutefois ajouté. «Si c’est nécessaire, on va agir.»

Le premier ministre a attribué l’augmentation du nombre de cas au fait qu’«il y a eu beaucoup de partys, les gens voulaient se voir. Il y a eu beaucoup de contagion.»

Le Dr Boileau a d’ailleurs relevé que les rassemblements entourant le Festival d’été de Québec ont de «toute évidence» généré des cas, notamment du côté des travailleurs de la santé de la région de la Capitale-Nationale. 

M. Legault n’a pas cherché de faux-fuyant quant à la situation du réseau de la santé, qu’il dit distincte de la situation de la COVID. «Il reste que le réseau de la santé est très surchargé», a-t-il reconnu.

Mais il attribue cette surcharge d’abord aux vacances ainsi qu’au nombre élevé d’employés du réseau qui ne sont pas disponibles parce qu’ils ont contracté la maladie.

Cette dépêche a été rédigée avec l’aide financière des Bourses de Meta et de La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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