COVID-19: Trump fait ses adieux alors que le pays atteint les 400 000 morts

Lorsque le président Donald Trump entrait dans la dernière année de son mandat en janvier dernier, les États-Unis enregistraient leur premier cas confirmé de COVID-19. Ne vous inquiétez pas, assurait le président Trump, disant que son administration «maîtrisait totalement» le virus.

Mardi, alors qu’il en était à ses dernières heures en fonction, le bilan a surpassé les 400 000 morts liées à la COVID-19 aux États-Unis. Et le nombre de décès devrait s’accélérer.

Selon le docteur Irwin Redlener, directeur du National Center for Disaster Preparedness de l’Université Columbia, il ne s’agit là que d’une «étape» sur un «chemin sinistre de décès».

Le docteur Redlener est l’un des nombreux experts en santé publique qui affirment que la gestion de la crise de l’administration Trump a conduit à des milliers de décès évitables. D’après lui, les Américains paient un lourd tribut en raison de la gestion de l’administration «imprégnée d’incompétence et de malhonnêteté».

Le bilan de 400 000 morts, révélé mardi par l’Université Johns Hopkins, est supérieur au nombre d’habitants en Nouvelle-Orléans, à Cleveland ou à Tampa, en Floride. C’est presque égal au nombre de vies américaines perdues chaque année à cause des accidents vasculaires cérébraux, de la maladie d’Alzheimer, du diabète, de la grippe et de la pneumonie combinés.

Avec plus de 4000 décès quotidiens enregistrés ces derniers jours — les chiffres les plus élevés depuis le début de la pandémie — le bilan à la fin de la semaine dépassera probablement le nombre d’Américains tués pendant la Deuxième Guerre mondiale.

«Nous devons suivre la science et le 400 000e décès est honteux», a soutenu Cliff Daniels, directeur de la stratégie du Methodist Hospital of Southern California, près de Los Angeles. Avec sa morgue au maximum de sa capacité, l’hôpital a garé un camion réfrigéré à l’extérieur pour contenir les corps des victimes de la COVID-19 jusqu’à ce que les maisons funéraires puissent les récupérer.

«C’est tellement incroyablement triste que tant de personnes soient mortes alors que (ces décès) auraient pu être évités», a-t-il déclaré.

À la mémoire des victimes

Le président désigné Joe Biden, qui sera assermenté mercredi, a prévu participer à une cérémonie, mardi soir, près du Lincoln Memorial à Washington pour honorer les 400 000 morts. La cloche de la Cathédrale nationale de Washington devait sonner 400 fois. D’autres villes des États-Unis ont également prévu des hommages.

Les victimes américaines de la COVID-19 représentent près d’un décès sur cinq signalés dans le monde, ce qui est bien plus que tout autre pays malgré sa grande richesse et ses ressources médicales.

La pandémie de coronavirus aurait presque certainement déclenché une crise grave pour tout autre président, étant donné sa propagation rapide et son pouvoir de tuer, ont déclaré des experts de la santé publique et du gouvernement.

Mais Donald Trump a semblé investir autant dans la lutte contre les perceptions du public que dans la lutte contre le virus lui-même, minimisant à plusieurs reprises la menace et rejetant l’expertise scientifique tout en attisant les conflits provoqués par la pandémie.

En tant que président, il était particulièrement bien placé pour conseiller les Américains. Au lieu de cela, il a utilisé sa fonction pour émettre des théories — réfutées par les médecins — selon lesquelles la prise de médicaments non éprouvés ou même l’injection de désinfectant ménager pourrait sauver les gens du virus.

La Maison-Blanche a défendu l’administration cette semaine.

«Nous pleurons chaque vie perdue à cause de cette pandémie, et grâce au leadership du président, l’opération Warp Speed a conduit au développement de plusieurs vaccins sûrs et efficaces en un temps record, ce qui, selon plusieurs, n’allait jamais se produire», a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche Judd Deere.

– Par Adam Geller et Janie Har, The Associated Press

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