COVID-19: un père québécois recense lui-même les écoles où un cas a été identifié

MONTRÉAL — Parce que le gouvernement n’a pas encore publié de données officielles sur les cas de COVID-19 dans les écoles, un père de Montréal a décidé de prendre les choses en main et a créé un site internet qui recense les établissements scolaires ayant été fréquentés par une personne infectée.

Olivier Drouin a créé fin août le site web «COVID Écoles Québec».

On peut y voir une liste et une carte des écoles où un élève ou un membre du personnel a reçu un test positif à la COVID-19. M. Drouin précise qu’il recense seulement les écoles, pas le nombre de cas dans celles-ci, ni leur provenance. Son site est mis à jour presque en temps réel, lorsqu’il reçoit des avis. Pour le moment, la liste contient une trentaine d’établissements. Il regroupe l’information reçue au même endroit.

Aucune école du Québec n’a fermé ses portes, mais des classes entières ont été mises en isolement.

M. Drouin invite les Québécois à soumettre anonymement les cas de COVID positifs dans les écoles, «que vous soyez parent, professeur, employé de centre de service ou citoyen».

L’homme, qui a deux filles qui fréquentent l’école secondaire, a déclaré en entrevue avoir créé ce site parce qu’il a senti que les parents ont besoin d’information, notamment afin d’évaluer si certaines mesures de protection devraient être revues, ou pour en demander des supplémentaires.

«Ça leur donne de l’information. Je n’ai aucune autre prétention», dit-il.

«Je sais qu’il n’y a pas de risque zéro», déclare le père qui se dit en faveur d’un retour en classe physique pour les jeunes. Mais il trouve qu’élèves comme enseignants le font dans des conditions moins que parfaites.

Pour éviter de faux rapports de cas, il s’est imposé des règles avant d’ajouter une école à sa liste: lorsqu’un cas lui parvient, il demande de voir la lettre que chaque établissement d’enseignement doit faire parvenir aux parents lorsqu’un cas d’infection a été confirmé par la Santé publique. Il se fie aussi aux articles des médias, à d’autres moments à des sources comme des enseignants, et a même parfois fait confirmer des cas par les écoles elles-mêmes. Si le cas rapporté ne satisfait pas ses propres critères, il ne l’ajoute pas: ce qu’il a refusé de faire à plusieurs reprises, indique-t-il.

Il assure ne pas avoir pour but de se substituer aux journalistes ni au gouvernement. Il ne fait que constater que les «données sur les écoles sont absentes», alors que les parents, sur des forums qu’il fréquente, disent vouloir être mieux informés, a-t-il expliqué en entrevue.

Si le gouvernement québécois publie les données, «je vais volontiers abandonner mon site», dit le Montréalais qui a un emploi à temps plein.

Il ne croit pas que sa démarche contribue à créer un climat de peur: les gens ont le choix de consulter son site ou pas, soutient-il, indiquant que si des parents lui ont rapporté être stressés par l’information transmise, d’autres sont satisfaits de l’avoir.

Le gouvernement n’a pas refusé de communiquer les données, mais n’a pas encore dit quand il le fera, alors que la rentrée est déjà bien amorcée. Le ministère de la Santé a fait savoir mardi qu’il était en train de travailler pour que cela soit fait dans les meilleurs délais.

Par ailleurs, lorsqu’un cas est identifié chez un élève ou un employé, l’école transmet aux parents une lettre les informant de la contamination et si leur enfant doit rester à la maison ou pas, selon la situation.

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