COVID-19:le fédéral se penche sur des protections plus grandes pour le personnel

OTTAWA — L’Agence de la santé publique du Canada a déclaré qu’elle consulterait la Fédération canadienne des syndicats d’infirmières et infirmiers au sujet de sa prochaine série de lignes directrices pour protéger les travailleurs de la santé contre le nouveau coronavirus, mais a averti que des protocoles plus stricts comportaient leur propre ensemble de risques.

Les lignes directrices provisoires publiées ce mois-ci par l’agence fédérale énoncent les précautions à prendre par les travailleurs de la santé au cours de l’évaluation et du traitement d’un patient potentiellement infecté par le nouveau coronavirus — ou COVID-19 —, y compris l’équipement de protection à utiliser.

Les syndicats ont averti que les lignes directrices nationales visant à protéger les infirmières, les médecins et les autres membres du personnel hospitalier contre l’exposition au virus hautement contagieux sont moins strictes que celles d’autres juridictions, y compris les règles provinciales de l’Ontario.

Les Centres pour le contrôle des maladies des États-Unis, par exemple, demandent aux travailleurs de la santé de porter des respirateurs lorsqu’ils interagissent avec des patients ayant potentiellement contracté le coronavirus afin de se protéger contre d’éventuelles transmissions aéroportées, mais les lignes directrices nationales du Canada exigent uniquement des masques chirurgicaux dans la plupart des scénarios.

Le Dr Howard Njoo, sous-administrateur en chef adjoint de la santé publique, a affirmé que l’agence tiendrait compte de ces préoccupations, mais a fait valoir qu’une trop grande prudence pourrait signifier brûler inutilement des fournitures limitées.

«Nous comprenons le point de vue des infirmières», a déclaré M. Njoo, qui siège au comité consultatif technique qui a discuté des lignes directrices, disant croire qu’il y avait bon nombre d’implications à prendre en compte.

Certains spécialistes des maladies infectieuses s’inquiètent de «l’utilisation inappropriée de l’équipement de protection individuelle» par exemple, a-t-il dit, qui pourrait inutilement épuiser l’approvisionnement en respirateurs. Les évaluations jusqu’à présent indiquent que le virus est transmis par de plus grosses gouttelettes provenant de la toux et des éternuements, non en flottant dans l’air.

Des pays ont signalé des pénuries de masques médicaux à usage personnel et médical tandis que le virus se propage et que la demande augmente.

Le risque de contracter le virus au Canada est considéré comme faible et, jusqu’à présent, le système de santé a pu contenir les cas importés d’autres pays.

Jusqu’à présent, 14 cas ont été confirmés au Canada, avec un 15e cas présumé découvert au Québec.

L’administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, a déclaré que les provinces travaillaient de concert pour faire le bilan des fournitures médicales nécessaires en cas d’éclosion au Canada.

M. Njoo et la ministre de la Santé, Patty Hajdu, ont rencontré mardi des représentants de la fédération des syndicats d’infirmières pour discuter de leurs préoccupations, et l’agence de santé publique a convenu d’organiser une autre réunion la semaine prochaine pour recueillir leurs commentaires.

La présidente de la Fédération canadienne des syndicats d’infirmières et infirmiers, Linda Silas, a déclaré qu’il était important de bien définir ces lignes directrices, car même si les provinces peuvent établir leurs propres lignes directrices, beaucoup s’en remettront simplement aux recommandations nationales, a-t-elle affirmé.

«Nous demandons aux employeurs du secteur de la santé d’ignorer les lignes directrices provisoires et de suivre les lignes directrices de l’Ontario, qui sont beaucoup plus sécuritaires», a déclaré Mme Silas.

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