COVID: des experts avertissent qu’il ne faut pas minimiser l’augmentation des cas

Des spécialistes des maladies infectieuses soutiennent que la récente flambée de cas de COVID-19, qui dépasse le sommet du printemps dernier, ne doit pas être considérée seulement comme le résultat d’une augmentation des tests.

«Je pense que minimiser la situation est une véritable erreur, a déclaré la Dre Lynora Saxinger de l’Université de l’Alberta. C’est une voie dangereuse à prendre et nous devrions être beaucoup plus prudents dès maintenant. »

La Presse Canadienne a compilé des données publiées en Alberta, en Colombie-Britannique, en Ontario et au Québec pendant la semaine se terminant le 21 avril et celle se terminant le 6 octobre pour avoir une idée de la comparaison entre les deux flambées de cas.

Les cas quotidiens en Alberta étaient deux pour cent plus élevés dans la période la plus récente que dans la semaine d’avril. Les cas de l’Ontario étaient 13% plus élevés, ceux du Québec étaient 14% plus élevés et les cas de la Colombie-Britannique étaient plus du triple que ceux enregistrés en avril.

L’Alberta a dépisté près de quatre fois plus de personnes pendant la semaine d’octobre que pendant la semaine d’avril. Les tests quotidiens de la Colombie-Britannique ont été multipliés par huit, tandis que l’Ontario et le Québec ont effectué environ 4 1/2 fois plus de tests de dépistage hebdomadaire pendant la semaine d’automne que pendant celle du printemps.

Le taux de positivité — le pourcentage de tests de dépistage qui reviennent positifs — dans les quatre provinces a nettement baissé entre les poussées printanières et automnales.

Le Québec et l’Ontario ne publient pas officiellement les taux de positivité, c’est pourquoi la Presse Canadienne a divisé le nombre total de tests hebdomadaires par le nombre total de cas hebdomadaires. C’est une estimation imparfaite, car il y a souvent un décalage entre le moment où les tests sont effectués et le moment où les cas sont enregistrés par la santé publique.

Le Québec, qui a effectué en moyenne environ 6 300 tests quotidiens et enregistré 930 nouveaux cas au cours de la semaine d’avril, avait un taux de positivité pendant cette période d’environ 15 %.

Au cours de la semaine la plus récente, alors que le Québec a connu cinq jours consécutifs avec plus de 1000 nouveaux cas, son taux de positivité était d’environ quatre pour cent.

L’Ontario, qui fait face à un important arriéré d’échantillons en attente d’être analysés, a affiché un taux de positivité quotidien officiel de 2 % pour le 7 octobre, en baisse par rapport au taux de 6 % enregistré à la mi-avril.

Le taux de positivité de l’Alberta a chuté de près de 5 % à 1 % et celui de la Colombie-Britannique de 4 % à 1,3 %.

Des experts de méfient des taux de positivité plus bas

Les premiers tests étaient largement limités aux personnes des symptômes spécifiques et à celles qui étaient en contact étroit avec elles. Les tests sont maintenant disponibles pour une partie beaucoup plus large de la population et de nombreux autres cas légèrement symptomatiques ou asymptomatiques sont découverts.

«Le seuil de ce que nous considérons comme un pourcentage de positivité élevé devrait probablement être considéré comme différent aujourd’hui de ce qu’il était au printemps», a déclaré la Dre Lynora Saxinger.

Le Dr Craig Jenne, chercheur en maladies infectieuses à l’Université de Calgary, a rappelé que les chiffres que nous voyons aujourd’hui reflètent la transmission virale qui s’est produite il y a 10 à 14 jours.

«Nous devons donc toujours réagir à ce qui s’en vient et pas nécessairement à ce qui se passe aujourd’hui.»

Ces dernières semaines, les tests ont été relativement stables tandis que les cas ont évolué à la hausse.

«Il y a eu une nette augmentation du nombre de personnes infectées. Ce n’est pas seulement parce qu’ils testent davantage », a déclaré la Dre Ameeta Singh, spécialiste des maladies infectieuses au Royal Alexandra Hospital d’Edmonton et à l’Université de l’Alberta.

Les tendances en matière d’hospitalisation sont un indicateur tardif que les experts regardent avec inquiétude.

En Ontario, par exemple, les hospitalisations ont commencé à grimper au-dessus de la centaine il y a environ deux semaines et, vendredi, 225 personnes étaient hospitalisées.

«C’est un peu la pointe de l’iceberg. Cela vous indique qu’il y a bien plus de transmission communautaire que vous ne le pensez» a indiqué la Dre Ameeta Singh.

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