COVID: le danger des tests faux négatifs en pleine pandémie

MONTRÉAL — Les tests faux négatifs — qui indiquent erronément à un patient infecté qu’il est en parfaite santé — sont particulièrement problématiques en période de pandémie, croit une experte interrogée par La Presse canadienne.

«C’est problématique si les gens, basés sur un résultat négatif qui serait potentiellement faussement négatif, ne prennent plus de précautions et recommencent à se regrouper et à ne plus se laver les mains», a expliqué la docteure Caroline Quach-Thanh, du CHU Sainte-Justine.

Tous les tests peuvent potentiellement générer un résultat «faux négatif», a-t-elle ajouté, et plusieurs facteurs pourront en influencer la fiabilité, comme le moment où il est fait et l’habileté de l’employé qui l’effectue.

Rien ne permet pour le moment de croire que les tests de dépistage du SARS-CoV-2 soient moins fiables que les autres, assure la docteure Quach, mais des mesures sont quand même mises en place pour garantir la sécurité de tous.

«Ce qu’on fait présentement, quand on fait le test et que la personne a vraiment des symptômes de la COVID, on répète le test deux à trois jours plus tard (si c’était négatif)», a-t-elle expliqué.

Ce sera particulièrement le cas de ceux, comme les travailleurs de santé, dont on doit s’assurer qu’ils sont en bonne santé avant de pouvoir reprendre le boulot. Un individu chez qui on soupçonne la présence du coronavirus et qui peut s’isoler facilement ne sera pas nécessairement testé une nouvelle fois.

On accordera aussi une attention toute particulière aux patients hospitalisés chez qui le risque de complications est plus important et chez qui des investigations plus poussées pourront être justifiées.

«Le nez est un très bon spécimen, mais quand on a des doutes, les poumons ont l’air d’être encore un meilleur spécimen, a dit la docteure Quach. Quelqu’un qui est super malade, qui est en pneumonie aux soins intensifs, ça se peut que son test dans le nez soit négatif, mais que sa bronchoscopie soit positive.»

Mais ultimement, comme on le répète depuis le début de la crise, c’est le comportement du patient qui détermine de tout.

«Si la personne est malade et qu’elle reste chez elle jusqu’à ce que tous les symptômes soient passés (…) ça ne change absolument rien, a lancé la docteure Quach. Mais si un résultat négatif a un impact sur notre comportement, là oui, il y a un problème.»