COVID: Montréal doit aménager 350 lits supplémentaires; situation préoccupante

Montréal est contrainte d’aménager plus de 350 lits d’hospitalisation supplémentaires pour se préparer, devant l’augmentation des cas de COVID-19. Mais le manque d’infirmières cause des maux de tête.

En conférence de presse mercredi aux côtés de la mairesse Valérie Plante, la pdg du CIUSSS du Centre-Sud de l’Île de Montréal, Sonia Bélanger, a précisé que 43 lits de soins intensifs supplémentaires pour la COVID sont aménagés au CHUM, au CUSM, au CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal et, dans une moindre mesure, à l’Hôpital général juif.

À ces lits de soins intensifs devront s’ajouter 310 lits supplémentaires pour des patients qui ont besoin de soins, mais de soins moins soutenus. Cette fois, ces aménagements seront déployés à l’Hôtel-Dieu de Montréal ainsi qu’aux CIUSSS du Centre-Ouest, de l’Ouest et du Nord de l’Île-de-Montréal.

Montréal se prépare donc au plan de l’aménagement physique des lieux. Au plan de la disponibilité des médecins, Mme Bélanger ne prévoit pas de problèmes. Il en est autrement pour la disponibilité d’infirmières.

Infirmières et renforts

Les autorités de la santé forment à l’heure actuelle des infirmières qui travaillent dans d’autres unités de soins pour les transférer aux soins intensifs, au besoin. Elles cherchent aussi à en recruter dans les CLSC, les GMF et ailleurs en première ligne pour les rediriger vers les soins intensifs, a précisé Mme Bélanger.

Montréal aura peut-être besoin de renfort en provenance des autres régions. «C’est certain qu’il manque d’infirmières actuellement. Si on arrive à ouvrir ces places-là, on va avoir besoin de renforts, c’est clair. On n’est pas encore à cette étape-là. Ce qui est important, c’est qu’on se prépare au moins physiquement», a-t-elle ajouté.

Fait à noter: 48 000 personnes sont en attente d’une chirurgie à Montréal.

La situation est compliquée par le fait que 1000 employés sont absents parce qu’ils sont atteints de la COVID ou en attente d’un résultat de test de dépistage.

De «petites transgressions»

La directrice régionale de la santé publique de Montréal, la docteure Mylène Drouin, a recensé 311 éclosions actives à l’heure actuelle.

«Celles qui nous préoccupent le plus sont celles en hausse dans le milieu de la santé, autant le milieu hospitalier que les CHSLD, les RPA (résidences privées pour aînés) avec 137 éclosions, dont 72 qu’on juge plus importantes, de 10 cas», a-t-elle relaté.

La docteure Drouin attribue ces cas qui se sont multipliés à tous ceux qui «se sont permis de petites transgressions» aux consignes, durant les Fêtes, et non à de grands rassemblements ou à des milieux de travail ou à des écoles.

Elle est catégorique: ce sont «des contacts domiciliaires» qui ont causé ces infections, avec des amis, de la famille, des personnes âgées.

Chez les personnes itinérantes, les autorités déclarent aussi plusieurs infections: 172 cas depuis le début décembre, a précisé la docteure Drouin, soit 114 chez les personnes itinérantes et 58 chez les travailleurs du milieu.

Vaccination 

Devant ce portrait alarmant, il y a un espoir: celui de la vaccination qui progresse, petit à petit.

Mme Bélanger a indiqué que d’ici la semaine prochaine, «tous les résidants des CHSLD à Montréal, les employés et les médecins auront été vaccinés» — du moins ceux qui le désirent.

Elle rapporte en effet que si «la majorité» des résidants sont vaccinés, le taux d’acceptation chez les employés y varie de 40 à 70 %.

Depuis le début de la campagne de vaccination, 29 000 vaccins ont été administrés, dont 12 000 chez les travailleurs de la santé.

D’ailleurs, le CHUM et le CUSM ont commencé leur vaccination du personnel visé mercredi.

N’attendez pas

La docteure Drouin a insisté auprès des citoyens pour qu’ils n’attendent pas pour passer un test de dépistage, en cas de symptômes de toux, fièvre. Il ne faut surtout pas aller travailler ou faire l’épicerie, même si les symptômes sont légers.

Les résultats des tests de dépistage sont inquiétants: 1 test sur 4 est positif chez les gens qui éprouvent des symptômes, voire 1 sur 2 dans les «quartiers chauds», a-t-elle rapporté.

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