CPE: les parties veulent accélérer le rythme des négociations

MONTRÉAL — Conscientes des problèmes de recrutement de personnel dans les Centres de la petite enfance, les parties se disent prêtes à négocier rapidement dans le but de renouveler les conventions collectives.

L’appétit des syndicats qui représentent les travailleuses dans les CPE est grand, elles qui s’estiment sous-payées et en nombre insuffisant, alors que le Québec manque de places dans les différents services de garde.

Des syndicats évoquent déjà la recherche de mandats de jours de grève auprès de leurs membres en septembre.

«Le temps presse», affirme en entrevue Valérie Grenon, présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance, affiliée à la CSQ. Les travailleuses des CPE — et pas seulement les éducatrices — partent, parce qu’elles sont mieux payées ailleurs, rapporte-t-elle. 

«À partir d’août et septembre, on veut accélérer les choses pour régler rapidement. Puis nous, on s’en va voir nos membres entre le 30 août et le 18 septembre pour aller voir la mobilisation, quitte à aller se chercher des mandats de grève. Parce qu’il y a urgence d’agir maintenant. On ne peut pas attendre de signer une convention collective en janvier 2022», s’exclame Mme Grenon.

Elle évoque la recherche d’un mandat de six jours de grève à être exercés au moment opportun.

Elle rapporte que les éducatrices quittent, à cause des salaires, mais aussi les employées qui occupent d’autres postes dans les CPE, comme les responsables de l’alimentation et d’autres. «Ils sont mieux payés dans des cafétérias», objecte Mme Grenon.

En plus de la CSQ, la CSN et la FTQ représentent aussi des travailleuses dans les Centres de la petite enfance. Les travailleuses d’environ la moitié des CPE sont syndiquées.

Revendications

Le ministère de la Famille indique que pour l’exercice 2019-2020, le salaire d’une éducatrice formée est de 18,98 $ l’heure au premier échelon, 21,50 $ au cinquième échelon, jusqu’à 25,15 $ au 10e et dernier échelon.

Pour une éducatrice non qualifiée, le salaire va de 16,75 $ au premier  échelon jusqu’à 25,15 $ au 14e et dernier échelon.

Mme Grenon rapporte que les offres gouvernementales reçues amèneraient le salaire des éducatrices formées à 21,33 $ au premier échelon et à 28,25 $ au dernier échelon. Le Conseil du trésor n’a toutefois pas voulu confirmer ni infirmer ces chiffres, affirmant que les offres sont encore en cours de présentation.

En plus des salaires, d’autres points sont en litige. La FIPEQ revendique un plancher d’emploi, car «les filles sont fatiguées». Elle demande aussi des sommes supplémentaires pour les enfants qui ont des besoins particuliers et des améliorations aux assurances collectives.

Les CPE

À l’Association québécoise des centres de la petite enfance, qui regroupe des CPE, la directrice Geneviève Bélisle confirme que les salaires «ne sont pas attractifs» et qu’à cause de cela, les CPE ouvrent des postes qui ne trouvent pas preneur.

«On ouvre beaucoup de postes en ce moment et il n’y a personne qui applique, même des gens non formés, parce qu’ils peuvent avoir un meilleur salaire dans le commerce de détail, dans le réseau scolaire, sans formation. Les autres réseaux sont tellement concurrentiels que nous, on n’arrive plus à attirer des gens», a expliqué Mme Bélisle.

«La pénurie de main-d’oeuvre qu’il y a en santé et en éducation fait qu’eux ont continué à faire progresser les salaires. Mais pas nous», a déploré Mme Bélisle.

Le gouvernement

Le ministère de la Famille renvoie au Conseil du trésor pour les questions de négociations des conventions collectives.

Samuel Bouchard-Villeneuve, du cabinet de la ministre Sonia LeBel, a expliqué que la présentation des offres, amorcée mardi, se poursuivait encore mercredi.

Preuve de leur ouverture à négocier, «les équipes de négociation sont disponibles pendant la période estivale» s’il le faut,  a-t-il fait savoir. «Le gouvernement souhaite que ça se règle le plus rapidement possible.»

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