Cri du coeur de retraités et députés du PQ pour un régime d’assurance pension

C’est un véritable cri du coeur que des retraités ont lancé, mardi, pour obtenir un régime d’assurance pension au Québec, comme il en existe en Ontario.

Aux côtés des députés péquistes Sylvain Gaudreault et Sylvain Roy, des retraités de Sears, du Groupe Capitales médias et de la Fédération canadienne des retraités ont livré un plaidoyer pour que des gens qui ont travaillé durant 35, 40 ans ne se retrouvent plus avec une rente amputée de 25 ou 30 pour cent lorsque l’entreprise fait faillite.

«Ceux et celles qui pensent que ça n’arrivera plus… Chez Sears, en 2005, quand j’ai pris ma retraite, le fonds de pension était surcapitalisé. Il était considéré parmi les cinq meilleurs fonds de pension au Canada. Et 12 ans plus tard, on est en faillite. On est tous amputés de 30 pour cent, en plus de perdre nos avantages sociaux», a relaté Claude Sénéchal, représentant des retraités de Sears qui a fait faillite en 2017.

De son côté, Pierre Pelchat, qui a été journaliste au quotidien Le Soleil pendant 38 ans, a relaté que les 948 retraités du Groupe Capitales médias viennent, le 1er février, de subir une première réduction de leur rente de 26 à 29 pour cent.

100 millions $ enlevés aux retraités

Le groupe s’est donc fait pressant pour que le ministre des Finances, Éric Girard, lance dès son budget du 10 mars les démarches pour implanter un régime d’assurance pension.

Un tel régime existe en Ontario depuis 40 ans. Le fonds n’est pas constitué d’argent gouvernemental, mais de contributions des entreprises. Par exemple, pour un régime solvable à 100 pour cent, la contribution est de 41,25 $ par membre par an pour l’entreprise, ont expliqué les promoteurs de l’idée.

Le député péquiste Sylvain Roy, porte-parole pour les dossiers de travail, a précisé qu’au Québec, depuis 10 ans, 15 384 retraités ont perdu environ 30 pour cent de la valeur de leur régime de retraite. «C’est 100 millions $ qu’on a enlevés dans les poches des retraités du Québec», s’est-il exclamé en Chambre.

«Nous assistons actuellement à l’émergence d’une nouvelle catégorie de pauvres, qui sont les retraités qui se sont fait usurper une partie de leur fonds de pension», s’est indigné le député péquiste de Bonaventure.

Le ministre dit non

Le ministre Girard a coupé court aux espoirs des retraités.

Il a expliqué que pour constituer ce fonds, il devrait faire payer des primes par les entreprises. Or, le fardeau d’impôts et de taxes sur la masse salariale des entreprises, au Québec, est déjà plus élevé que celui de l’Ontario. «Si on les augmente, on va précipiter la conversion des régimes à prestations déterminées en régimes à cotisations déterminées», a-t-il fait valoir. Cela équivaudrait à «accélérer leur déclin».

«Il n’y a pas d’appétit pour augmenter le fardeau fiscal des entreprises», a conclu le ministre des Finances.

Le Parti québécois a voulu déposer une motion en ce sens à l’Assemblée nationale, demandant notamment au gouvernement de «lancer, dans les plus brefs délais, des études visant à préciser les modalités d’un tel régime d’assurance et à quantifier ses effets». Toutefois, le leader adjoint n’a pas donné son consentement pour le dépôt de la motion.

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