Crise des médias: Legault demande aux Québécois de s’abonner aux journaux

QUÉBEC — Les Québécois doivent faire leur part pour contrer la crise des médias en s’abonnant aux journaux, selon le voeu exprimé par le premier ministre François Legault.

«Il n’y a rien de gratuit dans la vie», a rappelé le premier ministre en mêlée de presse, mercredi, alors qu’il était invité à commenter la grave crise financière qui frappe présentement tout le secteur des médias, particulièrement les médias écrits.

Pour espérer traverser la crise, tout le monde devra mettre l’épaule à la roue, a-t-il prévenu. Le gouvernement devra bien sûr faire sa part, mais les citoyens devront eux aussi assumer leurs responsabilités s’ils veulent continuer à avoir accès à une information de qualité, dans les grands centres comme en régions, a-t-il commenté en substance.

«J’invite tous les Québécois à s’abonner à des journaux, à des médias d’ici, au Québec», a-t-il plaidé, qualifiant les entreprises de presse de rouages essentiels de la démocratie.

Une commission parlementaire planchera la semaine prochaine sur les nouveaux modèles d’affaires à privilégier, en vue d’assurer l’avenir financier des entreprises de presse, mises à rude épreuve en raison de la baisse constante des revenus publicitaires, accaparés par les géants du web que sont Facebook et Google.

Dès le début de l’automne, Québec déposera un plan d’action contenant une série de mesures, dont des mesures fiscales, destinées à assurer la survie des différents médias québécois, nationaux et régionaux, et surtout à conserver les emplois de journalistes, de plus en plus menacés.

En début de semaine, le Groupe Capitales Médias, qui regroupe six quotidiens régionaux (Le Soleil, Le Quotidien, Le Droit, La Tribune, Le Nouvelliste et La Voix de l’Est), annonçait qu’il était rendu à court de liquidités et devait se placer sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers.

La requête en ce sens a été entendue mercredi en Cour supérieure, au palais de justice de Québec, et le syndic au dossier a dit s’attendre à obtenir une réponse positive dès jeudi.

Une fois le feu vert obtenu de la cour, le syndic, Christian Bourque, de la firme PricewaterhouseCoopers, pourra entreprendre les démarches en vue de trouver d’éventuels acquéreurs à court terme.

En début de semaine, en vue d’assurer le fonctionnement de ces six journaux au cours des prochains mois, Québec a débloqué une aide d’urgence de 5 millions $, qui s’est ajoutée à un prêt de 10 millions $ versé en 2017. Le gouvernement est ainsi devenu le principal créancier du Groupe Capitales Médias.

À ce titre, le gouvernement jouera un rôle-clé pour la suite des choses, en gérant le processus d’acquisition des six quotidiens du groupe.

Dans ce dossier, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a dit mercredi que son objectif premier serait d’assurer «la pérennité des six journaux».

Il a ajouté en mêlée de presse que la crainte d’une plus grande concentration de la presse découlant de la transaction à venir était «très pertinente».

On sait que le patron de Québecor, Pierre Karl Péladeau, propriétaire notamment de TVA, LCN, l’agence QMI, QUB radio, le Journal de Montréal et le Journal de Québec, est sur les rangs pour se porter acquéreur des journaux du groupe de presse en difficulté. Le Soleil et le Journal de Québec occupent le même marché publicitaire et rejoignent le même bassin de lecteurs.

Le ministre Fitzgibbon a dit espérer recevoir au cours des prochains mois «plusieurs offres» d’achat des six quotidiens, en tout ou en partie.  

Dans une perspective plus large, le gouvernement n’est cependant pas prêt à aller jusqu’à renoncer à acheter de l’espace publicitaire dans Google ou Facebook, pour sauver les entreprises de presse en difficulté.

Selon le premier ministre, quand il s’agit de publicité, il faut partir du principe voulant que «pour rejoindre la population, on va là où est la population».

Il serait donc impensable, à notre époque, de même songer à «contourner ces médias-là».

«On ne peut pas blâmer les annonceurs d’aller là où sont les gens», a commenté M. Legault, ajoutant que plus de consommateurs opteront pour des médias québécois, plus les annonceurs feront de même.

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