Crise des opioïdes: la N.-É. pourrait elle aussi poursuivre les fabricants

HALIFAX — Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse a déposé mercredi un projet de loi qui lui permettrait de poursuivre les fabricants et distributeurs d’opioïdes afin de recouvrer les coûts des soins de santé occasionnés par la crise de surdoses.

Le ministre de la Santé, Randy Delorey, a indiqué que la loi permettrait à la province d’intenter sa propre poursuite ou de se joindre éventuellement à l’action collective menée par la Colombie-Britannique. Bien que la Nouvelle-Écosse n’ait pas connu de niveaux aussi dramatiques que certaines autres provinces, elle enregistre toujours environ 60 décès chaque année à la suite de surdoses confirmées ou probables liées aux opioïdes, a rappelé le ministre.

La loi permettrait également à la Nouvelle-Écosse de simplifier les procédures pour prouver les coûts des soins de santé, en autorisant l’utilisation de données agrégées plutôt que les dossiers médicaux individuels. Le ministre a rappelé mercredi que la Colombie-Britannique, Terre-Neuve-et-Labrador, l’Alberta et l’Ontario avaient toutes adopté une loi similaire, tandis que la Saskatchewan devrait le faire ce printemps.

Le ministre n’a pas présenté d’évaluation des coûts pour le système de santé de la Nouvelle-Écosse. Il a toutefois cité une étude réalisée en 2014 par le Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances, qui estimait les coûts directs pour le seul système de santé de la province à 24 millions $ par année. Le gouvernement libéral de la Nouvelle-Écosse a dépensé l’an dernier 5,68 millions $ pour les troubles liés à la consommation d’opioïdes, fournir de la naloxone pour inverser les surdoses et former des intervenants de première ligne.

Selon les derniers chiffres publiés par le Comité consultatif spécial sur l’épidémie, plus de 13 900 décès associés à la consommation d’opioïdes sont survenus au Canada entre janvier 2016 et juin 2019.