Crise ferroviaire: le PLQ et le PQ réclament et obtiennent un débat d’urgence

QUÉBEC — Le chef intérimaire du Parti libéral du Québec (PLQ), Pierre Arcand, a prié le premier ministre François Legault de faire preuve de hauteur lors d’un débat d’urgence portant sur la crise ferroviaire.

Depuis 15 jours, des voies ferrées sont bloquées partout au pays par des manifestants qui se disent en solidarité avec les Autochtones de Wet’suwet’en, en Colombie-Britannique.

Jeudi, le président de l’Assemblée nationale, François Paradis, a autorisé la tenue d’un débat exceptionnel de deux heures pour que les députés puissent discuter des façons de dénouer la crise qui affecte durement l’économie québécoise.

Pour mettre un terme à cette situation qualifiée d’intenable, M. Legault avait déclaré mercredi qu’il fallait désormais envisager une intervention policière à très court terme, en ajoutant être déjà en discussion avec la direction de la Sûreté du Québec. Jeudi, en fin d’après-midi, le premier ministre a réitéré ses propos, lors d’un événement à Mirabel.

«L’injonction a été obtenue par le CN. Maintenant c’est le travail des policiers. Évidemment, les policiers de Longueuil vont probablement se concerter avec ceux de la Sûreté du Québec. C’est le travail des policiers maintenant de faire respecter la loi, de faire respecter l’injonction.»

Ces propos ont été décriés par les trois partis d’opposition à l’Assemblée nationale, jeudi. En mêlée de presse, le chef intérimaire du Parti québécois (PQ), Pascal Bérubé, a déclaré que le premier ministre ne parlait pas au nom de tous les Québécois.

«Il n’est pas souhaitable qu’il soit le seul à parler dans cet enjeu-là, a-t-il affirmé, en rappelant que la Coalition avenir Québec (CAQ) n’a récolté que 37 % des voix aux dernières élections. Il devrait porter un consensus de l’Assemblée nationale. (…) M. Legault ne parle pas au nom des Québécois.»

Tous ont prôné un plus grand dialogue, la coporte-parole de Québec solidaire (QS), Manon Massé, invitant M. Legault à aller à la rencontre des chefs autochtones du Québec.  

«Quinze jours, c’est long. Mais 150 ans, c’est extrêmement long», a-t-elle dit au Salon bleu, en faisant référence aux souffrances des peuples autochtones depuis la Confédération. Selon elle, les chemins de fer ont été construits «sur le dos des Autochtones».

«Il est clair que de dire: « Je vais envoyer la police » ne réglera pas les problèmes économiques, a déclaré M. Arcand, en appelant M. Legault à la prudence. Même lorsque les barricades seront levées, les conséquences se feront malheureusement sentir pendant plusieurs semaines.

«Il est très important, de grâce, que par votre rôle, vous soyez celui qui nous guide, nous inspire et nous influence. C’est ça le rôle du premier ministre. Je lui demande d’éviter pour l’avenir de jeter de l’huile sur le feu, de provoquer et d’attiser les conflits», a-t-il renchéri.

Le Québec pris en otage

Les ministres caquistes ont dénoncé, lors du débat d’urgence, que le Québec soit «pris en otage». Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a déclaré que le «point de bascule» pour les entreprises du Québec serait atteint vendredi.

Les Manufacturiers et exportateurs du Québec estiment que chaque jour au Québec, ce sont 120 millions $ en marchandises qui sont bloqués, 420 millions $ à l’échelle du Canada, a-t-il rapporté.

Les Québécois pourraient bientôt voir l’impact de la crise ferroviaire sur les tablettes des supermarchés et des pharmacies si la situation persiste, selon la section locale du Conseil canadien du commerce de détail.

«Déjà, dans l’est du pays, on commence à avoir des ruptures de stock, des soupes, du ketchup, des produits frais», a poursuivi M. Fitzgibbon.  

Selon lui, le plus inquiétant à l’heure actuelle est la possibilité d’une pénurie de propane. Cela aurait des conséquences pour de nombreux éleveurs qui doivent chauffer des établissements comme des poulaillers. 

Au Québec, 80 % du propane est transporté par trains. Le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles estime que les réserves de propane risquent d’être épuisées d’ici six jours.

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Qu’à la menace des barricades réponde, par la C.A.Q, celle de la coupure d’alimentation électrique, pour les réserves auxquelles les séditieux appartiennent!

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