Crop: conclure une entente dans le secteur public aiderait à affronter la COVID

MONTRÉAL — Les trois quarts des Québécois pensent que conclure une entente sur le renouvellement des conventions collectives dans le secteur public pourrait aider à affronter la pandémie de coronavirus, dans les prochains mois.

Cette donnée ressort d’un sondage Crop, réalisé sur le web du 15 au 20 octobre, et commandé par la FTQ, auprès de 1500 Québécois adultes.

Ce sont ainsi 75 % des personnes interrogées qui ont répondu «oui certainement» ou «oui probablement» à l’énoncé voulant qu’une entente pour renouveler les conventions collectives des employés de l’État «pourrait aider à faire face à la COVID-19 dans les prochains mois».

En entrevue avec La Presse Canadienne, le président de la FTQ, Daniel Boyer, a indiqué que sa centrale voulait justement négocier rondement et régler avec Québec, au début de l’année, pour pouvoir passer à autre chose. C’est d’ailleurs Québec qui avait proposé une négociation accélérée aux organisations syndicales.

«Si on l’avait fait rapidement, on n’en aurait plus parlé. Et là, malheureusement, on est dans la deuxième vague et on en parle encore de la négociation», a fait remarquer M. Boyer.

Après près d’un an de négociation dans le secteur public, les Québécois semblent soutenir certaines affirmations des syndicats qui représentent les employés des réseaux de l’éducation et de la santé, comme la FTQ.

Salaires et surcharge

Ainsi, 84 % sont d’accord — réponses «tout à fait» et «plutôt» d’accord réunies — avec l’énoncé voulant que la pénurie de personnel dans la santé et l’éducation s’explique par la surcharge de travail et les salaires trop bas.

M. Boyer souligne que pour les employés de l’administration publique, il existe un retard salarial de plus de 6 % par rapport aux autres salariés québécois.

«Les gens l’ont constaté, dans l’actuelle pénurie et avec les déclarations du premier ministre, que les travailleurs n’étaient pas si « gras durs » que ça, finalement, parce qu’il a fallu augmenter le salaire des préposés de 5 $ l’heure», fait valoir le président de la plus grande centrale syndicale du Québec.

Changer de carrière

Dans ce sondage, M. Boyer s’inquiète aussi d’une certaine envie de quitter son emploi qui est exprimée chez ceux qui ont répondu au sondage et qui travaillent effectivement dans le secteur public (le nombre de répondants tombe alors à 380).

Ainsi, 41 % ont affirmé que la situation actuelle les incitait à changer de carrière. La proportion grimpe même à 56 % chez les jeunes de 18 à 34 ans (réponses «oui certainement» et «oui probablement» additionnées).

«C’est de moins en moins tenable. La pandémie n’a fait qu’amplifier ce qui se passait. Il y a des gens qui quittent, qui en ont ras-le-pompon. Et ce qui est le plus inquiétant, ce sont les jeunes qui arrivent et qui ne restent pas longtemps. On voit partir des gens qui ont un an, deux ans, trois ans d’ancienneté, qui décident de quitter, parce que la charge de travail est trop lourde, parce qu’ils ne sont pas capables de faire correctement le travail qu’ils devraient faire», relate M. Boyer.

Le président de la FTQ espère toujours un déblocage dans ses négociations avec Québec. Les conventions collectives du secteur public sont échues depuis le 31 mars dernier.

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