Cure de rajeunissement pour la cathédrale Sainte-Thérèse-d’Avila d’Amos

AMOS, Qc — L’un des symboles les plus renommés de l’Abitibi-Témiscamingue, la cathédrale Sainte-Thérèse-d’Avila, d’Amos, aura droit à une cure de rajeunissement. Pour ce faire, le ministère de la Culture et des Communications du Québec a annoncé mardi matin une aide de 600 000 $ pour appuyer le projet de restauration.

«C’est un véritable joyau non seulement pour Amos, mais pour toute la région, a lancé la députée d’Abitibi-Ouest, Suzanne Blais. J’ai à cœur cette église depuis plusieurs années, tout comme plusieurs résidants d’Amos et d’ailleurs en région.»

Selon la plupart des intervenants rencontrés sur place, la cathédrale de style byzantin a «besoin d’amour». «Il y a plusieurs infiltrations d’eau, au niveau de la coupole et aussi autour de plusieurs fenêtres, indique le président de la fabrique de la paroisse Sainte-Thérèse. Il y a aussi de la maçonnerie et du travail au niveau des portes d’accès.»

La ministre Nathalie Roy elle-même s’est déplacée à Amos pour venir constater l’état des lieux. «J’ai été impressionnée du fait qu’elle soit venue à Amos pour voir la cathédrale», a lancé Suzanne Blais.

«600 000$ sur une enveloppe totale de 15 M$, c’est un gros morceau pour une région comme la nôtre, a ajouté son collègue et ministre régional, Pierre Dufour. Cet argent n’est qu’un début, ou devrais-je dire une suite au travail à faire.» Au total, Québec a débloqué une enveloppe de 15 M$, pour la restauration de 62 bâtiments et trois orgues à travers tout le Québec.

Un centenaire qui approche

La cathédrale Sainte-Thérèse-d’Avila a été la première grande église à être érigée en Abitibi-Témiscamingue. Les premiers colons devaient se contenter d’édifices de culte de fortune, construits en bois rond. Elle a été inaugurée officiellement en 1923. «On aimerait bien que les travaux soient terminés à temps pour le centenaire, mais il y a tellement de travail que je doute que nous y arrivions», a déclaré le président de la fabrique Sainte-Thérèse.

Au total, on prévoit des investissements de l’ordre de 6 M$, dont 1,7 M$ qui provient du Fonds Héritage. «Les travaux risquent de se faire par phases, puisque les sommes annoncées sont des engagements, précise Pierre Roch. On n’a pas 6 M$ dans notre compte bancaire, les octrois se feront graduellement.»

Autant la fabrique que les députés présents conviennent que ce bâtiment a beaucoup plus une valeur patrimoniale que religieuse. D’ailleurs, le bâtiment pourrait devenir, à terme, une salle de spectacles ou servir à d’autres fins. «La pratique religieuse est en déclin, les paroissiens vieillissent, et la COVID n’a vraiment pas aidé les choses, de dire Pierre Roch. Nous réfléchissons donc à la possibilité de tenir des concerts. On a même un ingénieur en son et lumières qui s’est installé à Amos, et qui fait des spectacles partout au Québec. Ce serait à considérer.» La députée Suzanne Blais abonde dans le même sens : «Il faut évaluer une nouvelle formule, dit-elle. Le bâtiment pourrait avoir une deuxième vocation. Je crois que ce serait fort important pour assurer sa pérennité.»

La cathédrale Sainte-Thérèse-d’Avila compte 900 places assises au parterre. Cependant, dans ses grandes années, elle pouvait accueillir jusqu’à 1300 fidèles. «On ouvrait les jubés sur les côtés, rappelle Pierre Roch. Aujourd’hui, on est obligés de condamner des bancs, et on ne peut accueillir que 130 personnes, à cause de la pandémie.» Pierre Dufour, quant à lui, parle d’un devoir de mémoire. «En finançant la rénovation (de la cathédrale), nous posons un geste de reconnaissance envers l’héritage culturel de l’Abitibi-Témiscamingue. Avec les travaux de restauration de la cathédrale, les générations futures pourront se souvenir et surtout apprécier la grandeur de ce monument régional.»

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