Cusson demande la suspension de la course à la direction du Parti libéral

QUÉBEC — Les courses à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ) et du Parti québécois (PQ) se poursuivent jusqu’à nouvel ordre, même si un premier candidat a dit souhaiter jeudi que la course libérale soit suspendue.

L’ex-maire de Drummondville et candidat à la chefferie du PLQ, Alexandre Cusson, a diffusé un communiqué dans lequel il invite le parti à remettre le vote prévu pour le 31 mai en raison de la pandémie de COVID-19.

Il a dit constater que tous les Québécois sont présentement mobilisés à combattre la propagation du virus. Sa rivale, l’ex-ministre libérale Dominique Anglade, n’a pas formulé la même demande de suspension, jeudi.

De son côté, la directrice générale et organisatrice en chef du PLQ, Véronyque Tremblay, a déclaré sur Twitter que son équipe se pencherait sur la question.

«Dans le contexte exceptionnel auquel le Québec fait face et qui évolue constamment, l’exécutif du PLQ se réunira à nouveau très rapidement pour discuter de la course à la chefferie», a-t-elle écrit.

Le coronavirus a déjà passablement bousculé la course à la direction du PLQ. Le parti avait décidé la semaine dernière de tenir cinq débats virtuels ainsi qu’un congrès et un scrutin virtuel.

Il n’empêche qu’il serait «irresponsable» pour les candidats dans le contexte actuel de poursuivre leur campagne comme si tout était normal, argue désormais M. Cusson.

«Les militants s’attendent à ce qu’une réelle course à la direction du parti ait lieu et il est présentement impossible, dans un avenir prévisible, de leur en offrir une», a-t-il déclaré.

M. Cusson affirme par ailleurs qu’il serait «tout à fait contre-productif» de changer de chef de l’opposition officielle en temps de pandémie.

Le chef intérimaire Pierre Arcand fait présentement «un travail extraordinaire d’arrimage avec le gouvernement», a-t-il écrit, en ajoutant qu’il ne fallait pas briser ce lien pour des raisons purement partisanes.

Dans ce contexte, le parti n’a d’autre choix que de remettre l’élection du nouveau chef à une date ultérieure, selon Alexandre Cusson.

«Il en va de la légitimité du prochain chef du parti et de sa capacité de bien représenter l’ensemble des membres», a-t-il indiqué.

Anglade travaillera avec le parti

Pour sa part, Dominique Anglade se dit «pleinement consciente» des impacts du coronavirus. C’est pourquoi elle a décidé la semaine dernière de suspendre l’ensemble de ses activités publiques.

Soulignant que la course à la direction a débuté le 23 novembre dernier et qu’elle tire à sa fin, Mme Anglade a félicité le PLQ d’avoir su s’adapter à la situation et demandé à tous de faire preuve de «résilience».

«Nous devons (…) rappeler que dans la crise, nous demeurons au service des Québécois», a-t-elle déclaré.

«En tant qu’aspirante cheffe du PLQ, c’est dans mon devoir de travailler en concertation avec les instances du parti pour prendre la meilleure des décisions dans le contexte que nous connaissons», a-t-elle ajouté.

Le PQ fera le point vendredi

Par ailleurs, le Parti québécois (PQ), qui tient également une course à la direction, a indiqué jeudi que la conférence de coordination allait se réunir vendredi soir pour discuter de la suite des choses.

Le parti avait déjà décidé que les deux débats, qui devaient se tenir à Montréal et à Drummondville, auront lieu sans public et seront webdiffusés sur les médias sociaux et le site Internet du PQ.

Le vote pour élire le prochain chef du PQ est pour l’instant maintenu aux mêmes dates et selon les mêmes modalités, soit du 15 au 19 juin, par internet ou par téléphone.

Les principaux candidats qui s’affrontent sont le député de Jonquière Sylvain Gaudreault, l’avocat Paul St-Pierre Plamondon, l’humoriste Guy Nantel et l’historien Frédéric Bastien.

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