Danielle Smith est désolée si ses propos sur les Autochtones ont été mal interprétés

EDMONTON — La première ministre de l’Alberta s’est dite désolée si quelqu’un a mal interprété ses remarques, cette semaine, en concluant qu’elle mettait sur un pied d’égalité le traitement de l’Alberta par Ottawa à l’abus systémique et atroce des Autochtones au Canada.

Danielle Smith a assuré que ce n’était pas son intention: elle voulait simplement souligner que l’Alberta et les Autochtones partagent un adversaire commun en affirmant leur souveraineté dans leurs champs de compétence respectifs.

«Si mes propos ont été mal interprétés, je veux absolument m’en excuser, parce que mon but était d’illustrer que nous avons un problème similaire avec Ottawa», a expliqué Mme Smith à l’Assemblée législative.

«Ottawa, selon moi, ne traite pas les Premières Nations avec respect, comme il ne traite pas les provinces avec respect, malheureusement.»

À l’Assemblée législative mardi, Mme Smith avait fait un parallèle entre la relation de son gouvernement avec Ottawa et celle des Premières Nations avec le gouvernement fédéral, lorsqu’elle a répondu aux questions du NPD portant sur sa loi sur la «souveraineté».

«Les chefs autochtones à qui j’ai parlé m’ont raconté leur bataille pour faire respecter leur souveraineté et s’extraire de la Loi sur les Indiens», avait mentionné Mme Smith mardi.

«Nous sommes traités exactement de la même façon par Ottawa. Ils interfèrent tout le temps dans notre juridiction, et nous avons hâte de repousser et d’être traités exactement comme le Québec.»

«Intolérable»

Pour le porte-parole du NPD en matière de relations avec les Autochtones, Richard Feehan, tout lien avec les horribles abus des Premières Nations, par le biais des pensionnats et du déracinement culturel, est intolérable. C’est pourquoi il a appelé Mme Smith à s’excuser.

«Les peuples autochtones se battent toujours sans relâche pour que leur culture, leur langue et leur existence perdurent», a-t-il rappelé.

«Comparer ses combats avec Ottawa sur des questions comme la politique des engrais démontre une incompréhension totale des atrocités que les peuples autochtones ont subies.»

Les chefs des Premières Nations ont aussi critiqué Mme Smith pour ne pas les avoir consultés à propos de sa loi sur la «souveraineté» de l’Alberta.

Ceux-ci demandent son abrogation, mais Mme Smith a réitéré que le projet de loi, qui a été adopté en troisième lecture il y a une semaine, promet que les droits issus des traités seront respectés.

«Nous ne retirerons pas le projet de loi 1», a tranché Mme Smith.

Cette loi stipule que l’Alberta se battra pour ce qu’elle définit elle-même comme ses pouvoirs en vertu de la Constitution. Mais les chefs autochtones estiment que ces pouvoirs mettraient en péril leurs droits ancestraux et les accords conclus avec le gouvernement fédéral.

Les chefs «du Traité 6» de l’Alberta ont rencontré Mme Smith plus tôt mercredi. À l’issue de cette rencontre, ils ont indiqué dans un communiqué qu’il était clair que la première ministre ne comprenait pas les droits issus des traités et qu’elle ne les respectait pas non plus.

«Il ressort clairement de nos discussions que la première ministre Smith ne comprend pas les traités ou nos droits inhérents et ne les respecte pas non plus», ont déclaré les chefs.

«Nous ne sommes pas d’accord qu’une invitation le jour du discours du Trône (29 novembre) soit une approche inclusive pour entendre les voix des Albertains et des Autochtones de manière significative pour un projet de loi aussi dangereux.

«La première ministre ne dictera pas comment nous serons consultés. Nous lui rappelons une fois de plus le devoir de consulter pour en savoir plus sur la manière de s’engager et de travailler avec nous de manière appropriée.»

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