Danielle Smith subit des pressions pour qu’elle relance les mines de charbon

EDMONTON — Des personnes favorables aux mines de charbon à ciel ouvert estiment que l’arrivée de la première ministre Danielle Smith pourrait ouvrir la porte à l’apparition de nouvelles exploitations dans les Rocheuses albertaines.

Ce sont de récentes déclarations de Mme Smith qui ont allumé cette étincelle d’espoir.

«Nous espérons réussir à rouvrir la fenêtre à partir de cette petite ouverture de Danielle (Smith)», a mentionné Eric Lowther, un citoyen du sud de l’Alberta et président du groupe Citoyens en appui au charbon Crowsnest.

L’exploitation minière du charbon dans les Rocheuses a été stoppée, en février 2021, par un décret ministériel. Ce décret a été adopté en réaction à un tollé dans la population après que des milliers d’hectares de sommets et de contreforts eurent été sacrifiés à l’exploration minière à l’initiative du gouvernement du Parti conservateur uni.

Le tollé — qui réunissait des environnementalistes urbains, des producteurs agricoles, des Premières Nations et des municipalités — a mené à la création d’un comité chargé de rédiger une politique du charbon. Ce comité a recommandé qu’aucune nouvelle mine ne soit autorisée avant l’adoption d’un plan d’aménagement du territoire.

Les opposants à l’exploitation du charbon s’inquiétaient d’une possible contamination des eaux en amont de pratiquement toutes les sources d’approvisionnement de la province ainsi que d’une destruction du paysage.

Cependant, lors de la récente course à la chefferie du PCU, Danielle Smith, qui était alors candidate, aurait mentionné à certaines personnes dans les communautés de Crowsnest Pass et de Pincher Creek, au sud de la province, qu’elle serait ouverte à l’idée de réévaluer la décision.

À Crowsnest Pass, de nombreuses personnes ont été déçues de la décision prise au terme d’une évaluation fédérale-provinciale de refuser la demande de la mine de charbon Grassy Mountain.

«S’il y avait un important appui de la population locale dans un référendum, (Mme Smith) serait plus encline à nous aider», croit M. Lowther qui a assisté aux deux rencontres en présence de celle qui a finalement remporté la course.

Le maire de Crowsnest Pass, Blair Painter, dit avoir interpellé Mme Smith sur l’enjeu du charbon lors de la rencontre publique dans sa communauté. Il a toutefois refusé de partager la réponse qu’il a reçue. Toutefois, d’autres personnes présentes ont confirmé à La Presse Canadienne la version de M. Lowther.

De plus, d’autres Albertains ont publié des messages sur les réseaux sociaux selon lesquels Mme Smith aurait formulé des commentaires similaires tout au long de la course à la chefferie.

Lorsqu’elle a été interrogée sur la question par des journalistes, au cours de sa campagne, Danielle Smith avait refusé de s’engager. Elle a notamment répondu au Edmonton Journal qu’elle consulterait les députés du PCU avant d’apporter tout changement.

Invitée à réagir, mercredi, la porte-parole de la première ministre, Rebecca Polak, n’a pas voulu commenter les propos rapportés sur l’exploitation du charbon.

«La première ministre a voyagé à travers la province tout au long de sa campagne à la chefferie et a abordé une grande variété d’enjeux avec les Albertains», a-t-elle écrit dans un courriel.

«L’exploitation responsable des ressources est une priorité majeure du gouvernement de l’Alberta. La première ministre Smith continue d’être informée sur cet important enjeu et elle rencontrera son caucus et son futur cabinet dans les prochaines semaines, incluant le ministre de l’Environnement pour discuter plus en profondeur de ce dossier», a-t-elle ajouté.

La première ministre doit dévoiler la composition de son nouveau conseil des ministres cette semaine. Un nouveau ministre de l’Énergie pourrait annuler le décret.

Le professeur de droit de l’Université de Calgary, Martin Olszynski, mentionne que même si un nouveau ministre de l’Énergie recevait le mandat d’annuler le décret, tout nouveau projet de mine devrait quand même traverser un long processus d’évaluation environnementale impliquant aussi le gouvernement fédéral.

De plus, le professeur Olszynski rappelle qu’il n’existe aucune voie légale par laquelle Mme Smith pourrait ranimer le projet de Grassy Mountain. La demande de permis a été refusée et la décision a été confirmée par deux paliers de tribunaux, dont la Cour suprême.

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