D’autres communautés prient GraceLife de respecter les directives de santé publique

EDMONTON — Les dirigeants d’une mosquée et d’une synagogue à Edmonton espèrent qu’une communauté chrétienne qui fait fi des directives de santé publique pour organiser des messes malgré la pandémie fasse davantage confiance aux autorités.

Le pasteur de la communauté GraceLife, à Spruce Grove, près d’Edmonton, a d’ailleurs été accusé d’avoir enfreint la Loi sur la santé publique. Il n’aurait pas respecté la capacité maximale dans son église.

«J’encouragerais [cette communauté] à simplement considérer, contempler et réfléchir à ce que Dieu voudrait qu’elle fasse pour prendre soin des autres, en particulier les Albertains vulnérables», déclare Jamal Osman, vice-président de la communauté musulmane de la mosquée d’Edmonton.

Les autorités provinciales et les services de santé de l’Alberta n’empêchent pas les membres de la communauté de pratiquer leur foi, fait-il valoir.

«Ils disent simplement qu’il faut s’assurer qu’il y ait une distanciation physique.» 

Avant la pandémie, jusqu’à 300 musulmans se rendaient à la mosquée pour le service du vendredi, qui est un jour sacré dans l’Islam, dit M. Osman. Les musulmans prient généralement debout épaule contre épaule, ajoute-t-il. Renoncer à cette pratique communautaire a été difficile lorsque la COVID-19 a frappé, mais la communauté a compris.

«Ce n’est pas à nous d’être d’accord ou en désaccord avec un autre groupe confessionnel et ce qu’il choisit de faire. J’encouragerais simplement [GraceLife] à considérer la santé et la sécurité de tout le monde.»

Zolly Claman, le rabbin de la synagogue Beth Israel d’Edmonton, a perdu son beau-père à cause du coronavirus au début de la pandémie.

Soulignant la plus haute importance des rassemblements dans le judaïsme, il reconnaît qu’il est difficile de suivre la pratique religieuse tout en respectant les directives de santé publique.

«Mais la réglementation contre la COVID-19 est conçue pour atténuer sa propagation. Elle doit absolument être suivie.»

James Coates, le pasteur de la communauté GraceLife de Spruce Grove, doit comparaître devant un tribunal en mai. Il est accusé d’avoir enfreint les mesures de la loi sur la santé publique relatives aux limites de capacité, à la distance physique et au port du couvre-visage.

M. Coates a récemment été libéré après avoir été détenu pendant 35 jours. Il avait continué à dire la messe, violant ainsi une des conditions de sa libération. Après avoir plaidé coupable, il a été condamné à une amende de 1 500 $.

Mais la communauté n’a pas cessé d’organiser des messes qui attiraient plus de fidèles que le prescrit la loi.

Le 27 mars, un porte-parole des services de santé de l’Alberta a déclaré qu’elle avait refusé l’entrée aux inspecteurs de la santé, qui ont de nouveau noté des violations aux directives de la santé publique. 

Le site internet de GraceLife indique qu’une autre messe sera célébrée pendant le dimanche de Pâques.

Les responsables de la GRC, de la santé et de la justice ont déclaré que l’application de la loi en matière de santé publique était à la discrétion des agents locaux et des inspecteurs de la santé.

La santé publique albertaine espère planifier une réunion avec GraceLife et son pasteur avant Pâques. Cependant, une porte-parole de la communauté a dit qu’aucune réunion n’était prévue.

Selon l’attaché de presse du ministre de la Santé Tyler Shandro, la situation est complexe.

«En général, nous reportons les questions sur des mesures d’application spécifiques à la santé publique, car nous ne dictons aucune pratique dans un cas particulier», a déclaré Steve Buick par courriel. 

La santé publique dit n’avoir reçu aucun rapport indiquant une éclosion de COVID-19 dans cette communauté. Elle ne pouvait pas divulguer des données personnelles. Cependant, dans la vidéo d’une messe de juillet publiée sur la sa page YouTube, on entend un orateur dire aux fidèles présents qu’une recherche de contacts avait été entreprise pour ceux qui avaient été déclarés positifs.

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Cette dépêche a été produite avec l’aide financière des Bourses de Facebook et de La Presse Canadienne pour les Nouvelles.

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