David Saint-Jacques apporte son aide aux équipes de soins du CUSM

MONTRÉAL — L’astronaute québécois David Saint-Jacques apporte son aide aux équipes de soins qui travaillent sans relâche auprès de patients atteints de la COVID-19.

L’Agence spatiale canadienne a indiqué vendredi par courriel que M. Saint-Jacques «se forme actuellement pour donner un coup de main aux équipes de soins du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), à Montréal».

David Saint-Jacques a obtenu son diplôme en médecine à l’Université Laval, à Québec en 2005, et a effectué par la suite sa résidence à l’Université McGill où il s’est spécialisé dans la pratique de la médecine de première ligne en région éloignée.

Il a fait un premier séjour dans la Station spatiale internationale (SSI) de décembre 2018 à juin 2019.

Au plus fort de la première vague de la COVID-19 au printemps, le joueur étoile de football Laurent Duvernay-Tardif avait répondu présent à l’appel du premier ministre François Legault pour aller prêter main-forte en CHSLD.

Pour ce qui est de M. Saint-Jacques, il souligne qu’il n’avait pas pratiqué la médecine depuis dix ans.

Il a amorcé cette semaine un retour en pratique «sur les unités COVID du CUSM, qui a été organisé avec le Collège des médecins et l’hôpital».

«On ne peut pas se lancer en « cowboy » là-dedans. Beaucoup de choses ont changé en dix ans», a-t-il fait valoir vendredi en entrevue vidéo avec La Presse Canadienne.

«Ça se passe assez bien, j’étais un peu anxieux à l’idée. La pente est raide, mais c’est vraiment une équipe formidable», a soutenu M. Saint-Jacques.

Il a dit avoir observé «la variété incroyable de gens qui travaillent pour combattre la COVID».

«(Il y a) de la tristesse, on a tous hâte que ça finisse, mais on doit le mener le combat. (…) C’est lancinant, il y a beaucoup de sacrifices. (…) On voit les listes d’attente qui s’allongent. Il y a tellement d’autres choses que l’on ne fait pas pendant qu’on est concentré là-dessus», fait-il valoir.

Surtout, M. Saint-Jacques veut rappeler que la COVID-19 frappe beaucoup de monde, et pas seulement les personnes âgées ou les patients avec des conditions graves préexistantes.

«Ça m’a interpellé, la première fois que j’ai admis quelqu’un sous mes soins, un homme de mon âge, qui n’était pas particulièrement malade avant, et qui pour lui, la COVID, c’était la catastrophe», a-t-il relaté.

«Entre les gens qui n’ont pas de symptômes et les gens qui en meurent, entre les deux, il y a des gens qui vont s’en sortir, mais qui sont très malades, qui passent vraiment par l’enfer sous oxygène, avec plein de médicaments, à l’hôpital, avec des effets secondaires sur leurs familles, sur leurs proches», a-t-il indiqué.

David Saint-Jacques souligne que c’est «cela qui emprisonne notre système de santé».

«C’est pas le temps de baisser la garde, même si nous en avons tous assez», a-t-il affirmé.

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