De bonnes questions sont soulevées sur la sécurité des Snowbirds, dit Trudeau

KAMLOOPS, C.-B. — Le premier ministre Justin Trudeau a rendu hommage aux membres des Forces armées canadiennes, mardi, tout en reconnaissant que de «très bonnes questions» sont soulevées concernant la sécurité des Snowbirds à la suite d’un deuxième accident en moins d’un an.

Dimanche, un avion de l’équipe acrobatique s’est abîmé peu après son décollage dans le secteur de Kamloops en Colombie-Britannique, entraînant dans la mort la capitaine Jenn Casey, une officière des affaires publiques des Forces armées canadiennes. Le pilote de l’appareil, le capitaine Richard MacDougall, a été gravement blessé, mais on ne craint plus pour sa vie.

«Au lendemain de l’écrasement tragique d’un avion de l’Aviation royale canadienne, qui a eu lieu en fin de semaine, les Canadiens sont de tout coeur avec la famille de la capitaine Casey, celle du capitaine McDougall et toute l’équipe des Snowbirds», a déclaré M. Trudeau en tout début de sa conférence de presse quotidienne majoritairement consacrée à la gestion de la pandémie de la COVID-19.

«Au moment où l’on pleure le décès d’une autre héroïne, on rend hommage au courage de tous ceux qui servent notre pays. À chaque jour, vous faites notre fierté», a-t-il poursuivi en soulignant en anglais que les dernières semaines avaient été éprouvantes pour les militaires canadiens qui ont récemment perdu six membres lors d’un exercice en mer Ionienne le 29 avril.

Des enquêtes en cours doivent élucider les causes de l’accident d’hélicoptère en Grèce ainsi que l’accident d’avion en Colombie-Britannique. Dans les cas des Snowbirds, il s’agit d’un deuxième accident en sept mois. Un appareil s’est écrasé dans l’État de Georgie, aux États-Unis, en octobre dernier. Le pilote s’en était heureusement tiré avec des blessures mineures.

Les faits entraînent toutefois d’importantes interrogations afin de savoir si les deux événements pourraient être reliés à une même cause surtout que les avions acrobatiques Tutor ont maintenant 57 ans.

Le premier ministre Trudeau a affirmé avoir discuté plusieurs fois à ce sujet avec le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, au cours de la fin de semaine.

«Pour l’instant, nous allons laisser l’Aviation royale canadienne faire le travail de l’enquête nécessaire (sur les causes) avant de sauter à des conclusions sur la sécurité de ces avions», a ajouté Justin Trudeau en promettant d’entrer en communication avec les familles des victimes.

Un contingent de huit enquêteurs militaires est arrivé lundi en Colombie-Britannique afin de faire la lumière sur l’écrasement tragique d’un avion Tutor de l’équipe des Snowbirds survenu dimanche dans un quartier résidentiel de Kamloops.

Deux officiers à la retraite de l’armée de l’air qui ont examiné les bandes vidéo de l’écrasement ont remarqué que le moteur de l’avion Tutor avait semblé perdre de la puissance peu après le décollage.

Un ancien chef d’état-major de la Défense canadienne, le général Tom Lawson, qui a consacré l’essentiel de sa carrière militaire à piloter des avions de chasse, affirme que la montée soudaine de l’avion avant sa chute à la verticale est une preuve de perte de puissance du moteur.

Le lieutenant-général André Deschamps, ancien chef d’état-major de la force aérienne, partage cette conclusion. À son avis, l’avion Tutor a éprouvé une panne de compresseur du moteur, possiblement causée par une interruption de l’entrée d’air dans le moteur qui a provoqué une soudaine perte de puissance et la chute de l’appareil.

En regardant la vidéo, le lieutenant-général Deschamps a même entendu une détonation qui, selon lui, est caractéristique d’une défaillance soudaine du compresseur.

Les avions Tutor de l’équipe des Snowbirds sont âgés de 57 ans. Ils devaient être retirés en 2010; cinq ans plus tard, leur coût de remplacement a été fixé par la Défense nationale à entre 500 millions $ et 1,5 milliard $.

L’accident de Kamloops s’est produit à la fin d’une tournée des Snowbirds à travers le Canada qui était destinée à donner de l’espoir aux Canadiens pendant la pandémie de la COVID-19.