De l’Abitibi à Montréal en voiture électrique : c’est maintenant possible

MALARTIC, Qc — Lancé sans tambours ni trompettes en octobre dernier, le projet de doter la Réserve faunique La Vérendrye de bornes de recharges pour véhicules électriques est maintenant complété. Hydro-Québec a annoncé aujourd’hui la mise en service de deux bornes de recharge intermédiaires (25 kW) à l’endroit où se trouvait auparavant l’aire de restauration Le Domaine.

«Les deux bornes permettront aux propriétaires de voitures électriques de pouvoir traverser la réserve faunique sans inquiétudes, indique la porte-parole d’Hydro, Sylviane Legault. Il était cependant impossible d’offrir des bornes à recharge rapide, en raison de la configuration du réseau électrique dans ce secteur.»

Les bornes intermédiaires permettront tout de même une recharge quatre fois plus rapide que les bornes ordinaires. Par exemple, pour une autonomie de 75 km, il faudra 30 minutes de recharge avec les bornes de la réserve faunique, contre deux heures pour une borne conventionnelle. «C’est une excellente nouvelle, indique le président de la branche Abitibi-Témiscamingue de l’Association des véhicules électriques du Québec, Tommy Collard. Nous étions au courant depuis quelque temps déjà, mais cette nouvelle vient apporter de l’eau au moulin de notre mouvement.»

Des ventes toujours timides

Simultanément, la Ville de Malartic inaugurait quant à elle trois nouvelles bornes, dont une à recharge rapide (50 kW), au Centre Michel-Brière. Une inauguration à laquelle participaient quelques concessionnaires automobiles de la région de Val-d’Or. Certains d’entre eux avouent que les ventes de véhicules électriques ou hybrides sont en augmentation, mais timides. «Les gens sont inquiets, se désole Jonathan Bertrand, de chez Gareau Chevrolet, de Val-d’Or. Ils posent toujours la même question : est-ce que je peux traverser le Parc (NDLR : la réserve faunique La Vérendrye). Moi, je leur dis que maintenant, c’est possible, puisque nos véhicules ont une autonomie pouvant aller jusqu’à plus de 400 km. Il faut mentionner qu’au moment de l’inauguration, Hydro-Québec n’avait pas encore annoncé la mise en service des bornes du Domaine.

De son côté, Simon Gamache, de chez Gareau Toyota, estime qu’il doit prendre son bâton de pèlerin pour convertir ses clients aux véhicules électriques. «Il y a encore des réticences, avoue-t-il. Mais on fait de belles ventes avec certains clients qui, rendus à un stade de leur vie, veulent laisser une empreinte écologique moindre, économiser de l’argent, ou qui n’ont simplement plus besoin d’un gros véhicule.» «La question de l’autonomie, elle revient souvent quand on fait des démonstrations, dit Tommy Collard. Sauf que maintenant, elle ne se pose plus, avec des bornes de recharge non seulement dans la réserve faunique, mais aussi aux deux entrées du parc, à Louvicourt et Montcerf-Lytton.»

Plus de bornes, moins d’attente

Pour le moment, plusieurs projets d’électrification sont dans les cartons, à commencer par les bornes dans la réserve La Vérendrye. «C’est un projet-pilote, précise la porte-parole d’Hydro-Québec. Nous sommes en partenariat avec le ministère des transport et la Société les établissements de plein air (SÉPAQ), parce que nous trouvons important d’associer les paroles à l’action.»

«L’arrivée de ces nouvelles bornes, ne signifie pas seulement plus d’autonomie, souligne le président de l’AVÉQ-AT. Cela signifie également que les bornes actuelles seront plus accessibles.» M. Collard raconte qu’il a dû littéralement faire la file à une borne de recharge à Montcerf-Lytton après avoir rechargé à Val-d’Or.

Aussi dans les cartons : des camionnettes électriques de type pick-up, qui représentent presque la moitié des ventes de véhicules en Abitibi-Témiscamingue. «On est une région minière et éloignée, explique Simon Gamache. Les travailleurs miniers et les entreprises de ce domaine doivent compter sur des véhicules plus robustes. Nous sommes aussi une région de chasse et pêche, et les ingénieurs de Toyota travaillent à adapter les camionnettes électriques à notre réalité.

Autre problème : le climat. «Les voitures électriques perdent un bon pourcentage de leur autonomie l’hiver, et même l’été, si vous utilisez la climatisation, rappelle Jonathan Bertrand. Cela veut dire une perte d’autonomie pouvant aller jusqu’à 40 pour cent dans certains cas.» «Les bornes aux deux entrées de la réserve faunique Lavérendrye et celles qui se trouvent au Domaine pourraient remédier à cette situation, espère Tommy Collard.

Texte de l’Initiative de journalisme local

Les plus populaires