«De l’arrière jusqu’à preuve du contraire»: les libéraux en arrachent à Winnipeg

WINNIPEG — La vague rouge de 2015 avait été particulièrement marquée à Winnipeg, où les libéraux fédéraux avaient remporté sept des huit sièges, faisant tomber des châteaux forts tant du Nouveau Parti démocratique que du Parti conservateur.

La capitale manitobaine n’avait pas été balayée de la sorte depuis l’effondrement du Parti progressiste-conservateur en 1993, après le départ de Brian Mulroney. Mais les résultats des récents sondages laissent croire qu’il est peu probable que l’histoire se répète cette fois-ci, selon un analyste.

Royce Koop, directeur du département d’études politiques à l’Université du Manitoba, soutient que la réélection des députés libéraux à Winnipeg constituerait un exploit inouï, «d’après les intentions de vote, d’après ce qui s’est passé depuis quatre ans».

Le député sortant de Charleswood–St. James–Assiniboia–Headingley, Doug Eyolfson, reconnaît que la lutte est plus corsée que lorsqu’il a ravi le siège occupé par le conservateur Steven Fletcher depuis pas moins de 11 ans.

«À bien des égards, oui. Il y a évidemment des défis», a reconnu le médecin de formation alors qu’il faisait du porte-à-porte dans sa circonscription de l’ouest de Winnipeg.

Les chances de M. Eyolfson semblaient minces au début de la campagne de 2015, mais il a bénéficié de la remontée de Justin Trudeau et par le départ soudain de son propre adversaire néo-démocrate, en raison de commentaires controversés sur les réseaux sociaux.

Espoir des conservateurs

D’autres sièges longtemps détenus par les conservateurs avaient également viré au rouge il y a quatre ans, comme Kildonan-St. Paul, Winnipeg-Sud et Winnipeg-Centre-Sud. Les troupes de Justin Trudeau avaient aussi mis la main sur la circonscription de Winnipeg-Centre, que le néo-démocrate Pat Martin représentait depuis 1997. Le seul siège que les libéraux n’ont pas raflé à Winnipeg est celui d’Elmwood-Transcona, qui est allé au néo-démocrate Daniel Blaikie.

Cette fois-ci, les conservateurs — qui détiennent déjà la majeure partie des sièges du Manitoba à l’extérieur de Winnipeg — peuvent s’appuyer non seulement sur une meilleure position dans les intentions de vote à l’échelle nationale, mais également sur la «taxe fédérale sur le carbone» du gouvernement de Justin Trudeau.

Cette tarification a été imposée au Manitoba et dans trois autres provinces qui ont rejeté les demandes du gouvernement libéral de fixer leur propre prix sur le carbone. «Les gens sont mécontents», relève Marty Morantz, un conseiller municipal qui se présente contre M. Eyolfson à Winnipeg sous la bannière conservatrice.

Steven Fletcher cherchait également à reprendre le siège qu’il avait occupé de 2004 à 2015, mais après avoir été exclu de l’investiture conservatrice, il s’est tourné vers le Parti populaire du Canada, la formation de Maxime Bernier.

M. Eyolfson affirme que son approche consiste à ne rien tenir pour acquis et à travailler sur le terrain. La circonscription a toujours basculé entre les conservateurs et les libéraux: avant M. Fletcher, le libéral John Harvard avait occupé ce siège pendant plusieurs années.

«La stratégie est la même: nous travaillons très fort pour entrer en contact autant que possible avec les électeurs», a précisé M. Eyolfson. «Je me dis que je tire de l’arrière jusqu’à preuve du contraire.»

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