De Montréal à Québec : comment les parcs urbains vont s’adapter à l’hiver?

MONTRÉAL — Depuis le début de la pandémie, les parcs urbains sont pris d’assaut par les Québécois en quête de verdure. À Laval par exemple, l’achalandage de certains parcs a grimpé de 40 %. Une promenade en famille demeure l’une des rares activités permises pour les cinq millions de Québécois plongés en zone rouge.

Mais comment réinventer les parcs pour l’hiver? «Des parcours de skis de fond et du yoga à distance dans la neige», dès que la situation le permettra à nouveau, donne en exemple Melissa Greene, dont l’organisme collabore avec la Ville de Montréal pour animer des activités de plein air. Son équipe a créé des capsules vidéo et des balados incitant à redécouvrir la nature près de chez soi, voire de son balcon. «On s’est dit: si on ne peut plus faire de visites guidées en personne, on organisera des visites virtuelles», explique Mme Green, qui répétera l’expérience cet hiver. Question de faciliter la distanciation physique, la plupart des sites misent sur les sports solos.

C’est aussi le cas à Québec. Le parc de la Rivière Saint-Charles aménagera une nouvelle piste multifonctionnelle pour accommoder les vélos à pneus surdimensionnés «fat-bike», rapporte la directrice Marilyn Allard. Il sera aussi possible de faire de la raquette et du ski de fond dans ce lieu très populaire et très apprécié. Quant à la piste cyclable, elle sera entretenue tout l’hiver pour une deuxième année de suite, ajoute Mme Allard.

À Laval, où certains sites ont connu une augmentation de fréquentation de 40 %, la randonnée d’hiver sera une des activités privilégiées dans les mois à venir. Cornélia Garbe et son équipe s’occupent de l’entretien des sentiers lavallois pour qu’ils soient sécuritaires et accessibles. Avant la pandémie, les guides allaient à la rencontre du public, aujourd’hui, ils ont un rôle de patrouilleurs faisant respecter la distanciation sociale et le sens des parcours de randonnée. D’ailleurs, le nombre de visiteurs permis sur les sites a dû être réduit dans certains boisés pour permettre la distanciation. Pour faciliter leur travail, les guides comptent sur un système automatique qui calcule l’achalandage.

Contactée par La Presse Canadienne, la Ville de Montréal indique se pencher sur différents scénarios et suivre l’évolution de la pandémie en vue de la saison hivernale sans toutefois préciser ce qu’il adviendra des patinoires extérieures ou de la programmation habituelle.

Selon un sondage réalisé auprès de 51 villes canadiennes par le réseau Amis des parcs dont fait partie le Mont-Royal, 55 % des villes confirment que la fréquentation de leurs parcs a augmenté depuis le début de la pandémie.

Un deuxième sondage du réseau Amis des parcs réalisé auprès de 1600 citoyens révèle que les deux tiers sont allés au parc plusieurs fois par semaine cet été. Si les parcs ont pris une place considérable dans leur vie, c’est d’autant plus vrai pour les personnes seules qui rapportent que ces lieux sont extrêmement importants pour cultiver les rapports sociaux.

L’achalandage en croissance a aussi causé des désagréments : 47 % des répondants au précédent sondage ont soulevé le manque de toilettes publiques accessibles. L’entretien, notamment la gestion des déchets, s’avère être un autre problème, souligne la porte-parole de l’organisme, Caroline Magard. Or, le sondage indique que plus de la moitié des municipalités sont affectées par une baisse de revenus causée par la pandémie et prévoient couper dans le budget des parcs.

Cela pourrait avoir un impact sur l’entretien des espaces, avance Mme Magard. En temps de pandémie, «les parcs deviennent des services essentiels», va jusqu’à dire la coordonnatrice de l’organisme Marie-Hélène Roch, qui insiste sur l’importance de garder ces lieux ouverts.

«S’il y a une chose qui doit rester ouverte c’est bien les parcs», est aussi d’avis le Dr Matthew Oughton, spécialiste en maladies infectieuses à l’université McGill. S’y aventurer est sécuritaire tant que la distance de deux mètres est respectée, explique-t-il. De façon générale, il est beaucoup plus difficile de contracter le virus en plein air qu’à l’intérieur, où la ventilation n’est pas toujours adéquate. En hiver, les gens sont plus susceptibles de passer du temps dans ces endroits mal aérés. Raison de plus pour sortir dehors et se dégourdir un peu, dit-il.

Ce reportage a été préparé dans le cadre du programme de Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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