De nombreux travailleurs migrants sont infectés sur des fermes ontariennes

NORFOLK COUNTY, Ont. — Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, s’est engagé à intensifier les efforts de dépistage parmi les milliers de travailleurs migrants à travers la province lundi, après le signalement de nouvelles éclosions de COVID-19 dans des fermes.

Doug Ford a attribué le bond de cas à la situation dans ces fermes, affirmant que plus de 80 travailleurs étrangers ont reçu un diagnostic de COVID-19.

Le premier ministre a dit avoir vu de ses propres yeux les dortoirs où restent les travailleurs, que les défenseurs des droits des migrants désignent comme propices à la contamination.

«Je vais certainement aborder cette question avec la santé publique pour nous assurer que tous les travailleurs migrants sont testés pour assurer leur sécurité et assurer la sécurité de la chaîne d’approvisionnement et des aliments», a déclaré le premier ministre.

Environ 20 000 travailleurs migrants se rendent en Ontario chaque année pour donner un coup de main dans des fermes et des serres.

Des éclosions ayant affecté des dizaines de ces travailleurs ont été signalées à Chatham-Kent, à Windsor-Essex, dans la région de Niagara ainsi que dans le comté d’Elgin.

Dimanche soir, la mairesse du comté de Norfolk a confirmé que 120 travailleurs d’une ferme locale ont été infectés, dont sept qui ont dû être admis à l’hôpital.

«Nous étions toujours conscients qu’il s’agissait d’un risque auquel notre communauté pourrait faire face et notre bureau de santé s’est préparé à cette possibilité», a déclaré Kristal Chopp dans un communiqué.

«D’autres communautés en Ontario et partout au pays ont aussi fait face à des situations similaires avec des éclosions sur des fermes», a-t-elle ajouté.

Le bureau de santé de Haldimand-Norfolk a indiqué que la liaison avec le gouvernement mexicain avait été notifiée.

Le personnel médical du bureau de santé prépare un plan pour évaluer et surveiller les travailleurs symptomatiques de concert avec la ferme, une propriété du groupe Scotlynn.

L’entreprise affirme pour sa part avoir mis en oeuvre un plan d’isolement pour freiner la propagation du virus. Avec autant de travailleurs indisposés, elle est d’ailleurs à la recherche de renforts pour la récolte des asperges, peut-on lire dans son communiqué.

Le mois dernier, des groupes de défense des travailleurs migrants ont exhorté le gouvernement ontarien à intensifier les inspections des fermes et des dortoirs où vivent ces derniers.

Doug Ford a affirmé que la province pourrait devoir envisager de modifier l’aménagement de ces espaces partagés, mais il serait selon lui difficile d’agir en ce sens en pleine pandémie.

«C’est quelque chose qu’on peut mettre sur la table, a-t-il soutenu. Pouvons-nous le faire à l’intérieur d’un mois environ? Je ne pense pas que ce soit réaliste. Mais ce qu’on peut faire, c’est aller sur place et tester fréquemment. Je pense qu’il est crucial qu’on le fasse.»