De nouveaux traitements pourraient naître d’un point faible de la COVID-19

VANCOUVER — Des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) disent avoir découvert «un point faible» dans le virus causant la COVID-19, ouvrant la voie à de nouveaux traitements potentiels efficaces contre toutes les souches.

Dans un article publié dans la revue scientifique Nature Communications, les auteurs disent que l’on retrouve cette « vulnérabilité cruciale» dans tous les variants importants du SARS-CoV-2.

«Nous recherchons toujours s’il existe une faille dans l’armure. Y a-t-il un endroit qui ne change pas tellement, et où nous pouvons diriger les anticorps?», a soulevé dans une entrevue l’auteur principal de l’article, le Dr Sriram Subramaniam. 

«C’est la valeur de la nouvelle découverte, elle nous indique où concentrer notre attention.»

Les chercheurs ajoutent que l’étude de cette vulnérabilité pourrait ouvrir la porte à de nouveaux traitements qui seraient efficaces contre toutes les souches de la maladie qui a tué près de 6,5 millions de personnes sur l’ensemble de la planète depuis plus de deux ans.

Le Dr Sriram Subramaniam, qui est professeur de la faculté de médecine de UBC, explique que son équipe a étudié le virus au niveau atomique. Elle a découvert un point faible et a identifié un fragment d’anticorps qui peut s’y attacher, ainsi qu’à tous ses autres variants.

Les anticorps s’attaquent aux virus en s’y attachant comme une clé dans une serrure. Ils sont naturellement produits par l’organisme pour combattre les infections, mais peuvent également être fabriqués en laboratoire et administrés aux patients en tant que traitement, devenant moins efficaces avec le temps à mesure que les virus mutent.

Le Dr Subramaniam affirme que le point faible étant présent dans les sept principaux variants du SARS-CoV-2, un anticorps pourrait alors agir comme un «passe-partout» capable de vaincre toutes les mutations.

Le chercheur croit que les résultats de la recherche «dégagent de nouvelles voies pour des traitements» ayant le potentiel d’être efficaces contre les variants actuels et futurs du virus qui cause la COVID-19.

Les chercheurs ont d’abord su que le système immunitaire réagit généralement à ce qu’il voit à la surface du virus, ou sur la pointe de la protéine du SRAS-CoV-2. Tous les virus mutent et la préoccupation avec chaque nouveau variant de la COVID-19 est de savoir si le système immunitaire sera capable de reconnaître la forme mutée.

«L’existence d’un grand nombre de mutations en a fait un artiste beaucoup plus efficace pour échapper à notre système immunitaire», a mentionné le Dr Subramaniam. 

Le point faible est situé sur la pointe de la protéine, a-t-il poursuivi. L’expert explique que le fragment d’anticorps neutralise le SRAS-CoV-2 en se fixant sur la pointe de la protéine et en empêchant le virus de pénétrer dans les cellules humaines. 

«Nous avons utilisé des outils d’imagerie très avancés pour littéralement nous concentrer et mettre en lumière l’interaction sur la pointe de la protéine avec les anticorps», a indiqué le Dr Subramaniam.

La particularité du fragment d’anticorps identifié est qu’il se fixe à côté de l’endroit où la pointe de la protéine se lie aux cellules humaines plutôt que directement dessus, a-t-il spécifié. 

«Cela fait sortir quelques doigts qui bloquent toujours la liaison. Donc, il obtient cet effet en restant à côté», ajoute-t-il. 

D’une certaine manière, il ne s’agit pas de verrouiller la porte, mais plutôt de tendre un bras pour bloquer l’entrée, a-t-il dit en comparaison. 

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