De nouvelles informations soulèvent des questions sur le syndrome cérébral du NB

FREDERICTON — La ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick a déclaré mercredi que de sérieuses questions se posent quant au bien-fondé des rapports faisant état d’une mystérieuse maladie du cerveau qui a alarmé les résidents et laissé la communauté médicale de la province perplexe.

La ministre Dorothy Shephard a indiqué lors d’une conférence de presse à Fredericton qu’une étude épidémiologique n’a trouvé aucun aliment, comportement ou exposition environnementale connue qui auraient pu causer les symptômes d’un mystérieux syndrome cérébral.

«Bien que je ne vais pas prédéterminer le résultat de l’enquête clinique, je pense que nous nous rapprochons d’une détermination», a déclaré la ministre. «Je crois également que la Santé publique a des raisons importantes de mettre en doute la validité d’une maladie neurologique inconnue».

En mars, les responsables de la santé du Nouveau-Brunswick ont alerté les médecins, les infirmières et les pharmaciens de la province au sujet d’un groupe de résidents atteints d’un syndrome neurologique inconnu et potentiellement nouveau, dont les symptômes ressemblent à ceux de la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Depuis, 48 personnes ont été identifiées dans le groupe de cas et, mercredi, neuf d’entre elles étaient décédées.

Les responsables de la santé du Nouveau-Brunswick affirment que 34 des familles ont été interrogées, ce qui les a amenés à examiner des aliments tels que le homard, les bleuets, la viande d’orignal et de cerf, mais rien n’a été trouvé qui aurait pu expliquer les symptômes.

Les conclusions publiées par Mme Shephard font suite à un rapport publié ce mois-ci par le Dr Gerard Jansen, neuropathologiste de l’Université d’Ottawa, qui a examiné huit décès dans la province initialement liés au syndrome mystérieux et a conclu qu’ils étaient tous dus à des maladies connues.

Un résumé de l’étude publiée sur le site Web de l’Association canadienne des neuropathologistes indique que les cas initiaux étaient des «diagnostics cliniques mal classés». M. Jansen était à l’étranger et n’était pas disponible pour un commentaire mercredi.

La plupart des patients du groupe malade étaient originaires de la Péninsule acadienne, dans le nord-est de la province, ou de la région de Moncton. Les symptômes les plus courants sont les suivants : troubles de la mémoire, spasmes musculaires, problèmes d’équilibre, vision trouble et perte de poids.

La ministre Shephard n’a pas voulu dire que ces personnes avaient été mal diagnostiquées au départ, soulignant qu’elle ne voulait pas prédéterminer le résultat d’une étude menée par un comité de surveillance composé de six neurologues qui doit remettre un rapport au début de l’année prochaine.

«Quarante-six des 48 cas proviennent d’un seul neurologue. Nous devons faire en sorte que cela dépasse le cadre d’un seul neurologue», a déclaré Mme Shephard. «Un comité de surveillance indépendant et impartial doit faire son travail pour que nous puissions valider le constat ou voir s’il existe un autre diagnostic».

La ministre a ajouté qu’il y a eu des lacunes dans le processus de déclaration qui ont permis à la situation de s’aggraver, «souvent sans surveillance».

Elle a ajouté que certaines de ces lacunes s’étaient produites au sein de la province, tandis que d’autres concernaient les efforts déployés pour obtenir des informations auprès des responsables fédéraux de la santé. Elle a ajouté qu’il a fallu sept mois avant que les responsables provinciaux ne reçoivent les résultats de l’autopsie de huit des personnes décédées.

«Nous savons que cela a été, et continue d’être, une période émotionnelle, difficile et éprouvante pour tout le monde», a-t-elle souligné. «L’horloge ne s’est pas arrêtée sur notre travail. Le comité de surveillance s’est engagé à terminer son travail aussi rapidement que possible». 

Néanmoins, Steve Ellis, dont le père Roger Ellis, 64 ans, fait partie des cas identifiés, a déclaré qu’il est inacceptable que les familles doivent maintenant attendre jusqu’à la nouvelle année pour obtenir les résultats du comité de surveillance. «Cela devrait être accéléré», a-t-il soutenu lors d’une entrevue mercredi.

Il a qualifié la conférence de presse de la ministre de très peu encourageante. «Je pense que toute la conférence de presse a montré à quel point ils sont désorganisés et incompétents dans la gestion de cette affaire», a-t-il déclaré. «C’était très frustrant et décourageant d’entendre que nous ne sommes pas plus avancés qu’en juin». Il s’est demandé comment les responsables pouvaient maintenant être si «dédaigneux» de la perspective d’un nouveau syndrome alors qu’il y a quelques mois, ils affirmaient le contraire.

Il a ajouté que les familles ont l’intention de continuer à faire entendre leurs voix jusqu’à la conclusion de l’enquête.

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