De nouvelles sanctions canadiennes frappent l’industrie médiatique de la Russie

OTTAWA — Le Canada a imposé une nouvelle série de sanctions à l’industrie médiatique de la Russie dans le but de perturber ce qu’il qualifie de campagne de désinformation sur la guerre en Ukraine.

Ottawa a aussi imposé des sanctions au chef de l’Église russe orthodoxe, Vladimir Mikhailovich Gundyayev, qui s’est prononcé en faveur de la guerre. Il a notamment affirmé que le conflit revêt une «importance métaphysique».

M. Gundyayev possède beaucoup d’influence en Russie et sur sa diaspora, en plus d’être particulièrement admiré par le président Vladimir Poutine.

L’homme religieux a souligné qu’il s’agit d’une «vérité de Dieu» que les peuples de l’Ukraine, du Bélarus et de la Russie possèdent un héritage commun qui devrait être réuni.

Les sanctions canadiennes visent aussi les agences de presse, les chaînes de télévision et les journalistes russes, dont Petr Akopov, qui a écrit avec approbation sur la justification de l’invasion de l’Ukraine par le président Poutine, et Tigran Keosayan, un présentateur de télévision pro-Kremlin.

Les sanctions interviennent alors qu’Ottawa a lancé une page web corrigeant la désinformation sur l’invasion de l’Ukraine et la contrant par des faits.

Affaires mondiales Canada a déclaré dans un communiqué que le site sera continuellement mis à jour pour «faire la lumière sur la façon dont le régime russe utilise des mensonges pour justifier son invasion illégale, non provoquée et injustifiable de l’Ukraine».

Cette nouvelle vague de sanctions a été imposée alors que la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a déclaré, lors d’une rencontre des pays du G20, que le monde «n’acceptera pas le faux récit de la Russie».

Lors d’une rencontre réunissant plusieurs ministres des Affaires étrangères à Bali, en Indonésie, la ministre Joly a mentionné qu’il était «choquant» d’entendre le ministre russe Sergueï Lavrov faire de la «propagande pour justifier l’invasion de son voisin souverain», alors que la Russie «tue, viole des femmes et des hommes et torture des citoyens» de l’Ukraine.

M. Lavrov était présent à la réunion.

«Nous ne laisserons pas la Russie s’en tirer avec cette crise alimentaire qui est leur faute, a ajouté Mme Joly. Le Canada rejette clairement l’affirmation de la Russie selon laquelle les sanctions économiques sont à blâmer. Ce n’est pas le cas. Fondamentalement, l’invasion de l’Ukraine par la Russie a mis à mal les chaînes d’approvisionnement alimentaire mondiales.»

Pendant son séjour en Indonésie, Mme Joly s’est entretenue avec ses homologues du G7 au sujet de la guerre en Ukraine, prenant l’initiative de dénoncer la désinformation russe.

Elle a également rencontré, vendredi en marge du G20, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi. L’impact de la guerre en Ukraine et la crise alimentaire mondiale ont fait partie des sujets abordés. 

Cette rencontre sera considérée par certains comme un moment d’accalmie dans les relations diplomatiques tendues entre les deux pays, après la libération, l’année dernière, de Michael Kovrig et Michael Spavor, détenus en Chine pendant plus de 1000 jours. 

Mme Joly s’est aussi entretenue avec M. Wang en avril en Allemagne, et les deux ministres avaient convenu de maintenir les canaux de communication ouverts.

Parmi les 29 personnes figurant sur la dernière liste des sanctions figurent aussi Vladimir Sungorkin, rédacteur en chef de Komsomolskaya Pravda, décrit par le président Poutine comme son journal préféré.

Le radiodiffuseur russe RT a déjà été banni des ondes canadiennes après que des ministres l’aient accusé de diffuser une propagande inspirée par le Kremlin au sujet de l’invasion de l’Ukraine.

Mais la dernière série de sanctions frappe directement RT ainsi que les diffuseurs russes Spoutnik, Channel One Russie et la Société panrusse de radiodiffusion et de télévision d’État (VGTRK), dont le directeur général, Oleg Dobrodeev, est également sanctionné.

L’agence de presse russe TASS, établie de longue date, figure également sur la dernière liste, ainsi que Gazprom Media, qui possède une série de stations de télévision et de radio.

La nouvelle liste des sanctions comprend également l’auteur et journaliste russe Yevgeniy Prilepin, l’animateur de télévision et réalisateur de documentaires Arkady Mamontov ainsi qu’Irina Volk, une porte-parole bien connue du ministère russe.

Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février, le Canada a imposé des sanctions à plus de 1150 personnes et organisations en Russie, au Bélarus et en Ukraine.

Il a coordonné des sanctions avec des alliés de l’Union européenne ainsi qu’avec les États-Unis et le Royaume-Uni pour empêcher les Russes d’exploiter les failles.

Affaires mondiales Canada explique que la nouvelle vague de sanctions contre la Russie vise «les agents de désinformation et de propagande parrainés par l’État».

En mars, Mme Joly s’était jointe à de nombreuses autres personnes pour quitter une réunion des Nations unies à Genève lorsque M. Lavrov, que le Canada avait sanctionné quelques jours auparavant, a pris la parole. 

Comme l’a annoncé le premier ministre Justin Trudeau lors du sommet du G7, le mois dernier, le Canada a également interdit certaines importations d’or en provenance de Russie.

Cette mesure vise à empêcher les Russes de convertir des espèces en or pour contourner d’autres sanctions économiques.

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