De passage à TLMEP, Mamadi III Fara Camara dit avoir toujours cru en son innocence

MONTRÉAL — Encore traumatisé par les événements, Mamadi III Fara Camara, qui a été arrêté et faussement accusé de tentative de meurtre contre un policier, a accordé une première entrevue depuis sa libération. 

Le chargé de laboratoire à Polytechnique était sur le plateau de l’émission Tout le monde en parle dimanche soir. Accompagné de son avocate, Virginie Dufresne-Lemire, et du militant pour les droits humains,  Will Prosper, il est revenu sur l’épisode qui a bouleversé sa vie. 

M. Camara avait été appréhendé à la fin janvier dans le secteur de Parc-Extension, à Montréal, alors qu’on le soupçonnait d’avoir désarmé et blessé un policier à la suite d’une interception de routine pour une infraction au Code de la sécurité routière.

«Je ne suis jamais sorti de mon véhicule», a soutenu M. Camara, en début d’entrevue.

Pour des questions légales, son avocate a mentionné que son client ne pouvait davantage expliquer les faits.  

Me Dufresne-Lemire a alors décrit que M. Camara avait vu de sa voiture l’agression contre l’agent et qu’il avait appelé le 911. Un policier est arrivé rapidement sur les lieux. Celui-ci aurait dit à M. Camara qu’il pouvait quitter après lui avoir parlé brièvement. 

Lorsqu’il est arrivé sur la rue où il réside, M. Camara a été interpellé par des agents puisque le policier blessé soupçonnait que son agresseur était la dernière personne qu’il avait interceptée. 

«On sort les armes, on pointe. On va voir M. Camara, on voit qu’il n’a rien dans les mains. On le saisit par les épaules et on le sort du véhicule par la fenêtre. On l’amène face contre le sol et un policier a placé son pied sur la tête de M. Camara pour l’immobiliser», a détaillé l’avocate. 

Le soir même, M. Camara a expliqué sa version des faits à un policier. Ce dernier a conclu dans son rapport que l’homme de 31 ans était un témoin. «Par la suite, il va avoir 4h30 d’interrogatoire de M. Camara à titre d’accusé», a relaté Me Dufresne-Lemire.

M. Camara a ensuite passé six jours en prison. «C’a été extrêmement difficile. À mon arrivée, j’ai senti que tous les gardes se disaient que c’est le tueur de policier qui s’en vient. J’avais l’air d’être un monstre», a-t-il raconté sur les ondes de Radio-Canada. 

Des images captées par des caméras du ministère des Transports ont montré la présence d’un autre véhicule et d’un autre suspect, permettant de libérer M. Camara de toutes les accusations, début février. 

«C’était un grand soulagement, mais je m’y attendais parce que depuis le jour de mon arrestation, je n’ai jamais cessé de clamer mon innocence. Si on m’avait écouté depuis ce jour pour bien comprendre mon récit, peut-être que ça n’aurait pas pris six jours», a fait valoir M. Camara. 

Me Dufresne-Lemire n’a pas confirmé si une poursuite judiciaire sera intentée au civil. Le gouvernement Legault a annoncé la tenue d’une enquête indépendante sur cette affaire. 

Laisser un commentaire