De plus en plus d’Autochtones dans les mines du Québec

VAL D’OR, Qc — Le nombre d’Autochtones travaillant dans les mines du Québec a augmenté de façon considérable entre 2014 et 2018. C’est l’un des constats qui se retrouvent dans un rapport rendu public cette semaine par l’Association minière du Québec.

Au total, le nombre d’employés Autochtones est passé de 258 à 459, ce qui représente une hausse de près de 78% en quatre ans. Selon la PDG de l’Association minière, Josée Méthot, plusieurs facteurs expliquent cette hausse.

«Plusieurs projets miniers ont poussé en territoire Cri, explique-t-elle. C’est donc normal pour les sociétés minières de faire appel à de la main-d’œuvre locale, et c’est d’autant plus vrai si on se rapporte à ces années-là, où sévissait un contexte de pénurie de main-d’œuvre.»

Des emplois «cachés»

Mme Méthot croit que le nombre d’Autochtones qui travaillent dans l’industrie minière est beaucoup plus élevé que les chiffres publiés dans l’étude.

«Les grandes sociétés minières font affaire avec plusieurs entreprises sous-traitantes dans leurs opérations quotidiennes, souligne-t-elle. Comme notre étude parlait principalement de retombées économiques sur le territoire, nos données sur la main-d’œuvre n’incluaient que les employés figurant sur la liste du personnel des entreprises minières. Dans nos chiffres, les employés des sous-traitants ne sont pas comptabilisés. On pense donc qu’il y a encore plus d’Autochtones qui travaillent directement ou indirectement dans le secteur minier.»

Autre facteur aidant la présence des Autochtones dans le domaine minier : la formation.

Deux centres de formation professionnelle, celui de la Baie-James et celui de Val-d’Or, offrent des formations adaptées en forage et dynamitage. Même que le CFP de la Baie-James donne des sessions de cours aussi loin que Wendake, non loin de Québec. «Certaines minières offrent également aux travailleurs non-autochtones des formations sur les différences culturelles, fait remarquer Josée Méthot. Cela permet aux employés de mieux se comprendre entre eux.»

Entreprises autochtones comme sous-traitants

En plus des employés, de plus en plus d’entreprises autochtones voient le jour, pour fournir les minières. C’est le cas notamment dans le territoire Cri (Eeyou-Itschee), où, depuis quelques années, on voit pousser des sous-traitants.

Certains d’entre eux ont même étendu leurs activités jusqu’en Abitibi-Témiscamingue, où certaines entreprises, comme Creeco, ont créé des partenariat avec des entreprises de la région.

L’AMQ envisage une autre augmentation du nombre d’Autochtones dans le domaine minier au cours des prochaines années. «Bien sûr, la pénurie de main-d’œuvre ouvre la porte aux Autochtones, estime Josée Méthot. Comme cela avait été le cas avec la mine Stornoway, en territoire Cri, les ententes entre certaines minières, comme Canadian Malartic, avec les communautés autochtones environnantes risque de faire gonfler encore les chiffres. Plus on aura d’installations comme Stornoway et Canadian Malartic, plus il y aura d’opportunités d’emplois bien rémunérés pour les Autochtones.»

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L’augmentation du nombre d’employé-e-s autochtones dans l’industrie minière au Québec est certes une bonne nouvelle. Toutefois, avant de se réjouir trop vite, il faut considérer que, selon l’Association minière du Québec, il y a un total de 40 540 emplois dans les mines au Québec (https://www.amq-inc.com/faits-economiques). C’est donc dire que les Autochtones occupent à peine 1,1% de ces emplois, alors qu’ils représentent 2,3% de la population. Qui plus est, l’article ne mentionne pas clairement que l’industrie embauche surtout des employé-e-s autochtones lorsqu’elle y est contrainte (par exemple en vertu d’un traité moderne ou d’une entente sur les répercussions et les avantages). La différence est alors énorme (136 fois plus d’employé-e-s autochtones avec entente que sans: https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0301420718304677). Bref, sans mesures coercitives, les choses ne changent pas.

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