Débat en français: MacKay et O’Toole croisent le fer sur les enjeux sociaux

Le candidat à la direction du Parti conservateur, Peter MacKay, a tenté de miner la crédibilité de son principal rival, Erin O’Toole, sur les enjeux sociaux lors du seul débat en français de la course.

M. MacKay a accusé M. O’Toole d’être le «seul candidat qui n’a pas de vision claire» sur des enjeux comme le droit à l’avortement et le mariage pour les personnes de même sexe.

«Il y a toujours un « mais » avec M. O’Toole», a lancé M. MacKay, après avoir souligné que les deux autres candidats, Leslyn Lewis et Derek Sloan, sont clairement contre le droit à l’avortement.

M. O’Toole a répliqué qu’il prône l’unité pour les candidats conservateurs et a accusé M. MacKay de vouloir semer la division au sein du parti.

«Oui, je suis pro-choix. C’est un choix pour les femmes, selon moi», a martelé M. O’Toole après coup, devant l’insistance des journalistes, ajoutant qu’il respecte tous les points de vue au sein du mouvement conservateur.

Ses trois rivaux ont reconnu qu’il n’avait pas été très clair au sujet de sa position personnelle.

«Je pense que M. O’Toole voudrait gagner le soutien des conservateurs sociaux et je serais d’avis qu’il est très, très prudent pour ne pas nous froisser», a fait valoir Mme Lewis.

Il s’agissait de la première fois que les quatre candidats à la direction du Parti conservateur croisaient le fer lors d’un débat en personne.

Pandémie oblige, la joute oratoire a eu lieu à Toronto sans public et les questions du public avaient été enregistrées d’avance. Elles avaient visiblement été partagées avec les candidats, qui avaient tous des notes pour les aider à répondre en français.

Aucun des quatre candidats – Leslyn Lewis, Peter MacKay, Erin O’Toole et Derek Sloan – n’a le français pour langue maternelle.

Malgré tout, MM. MacKay et O’Toole ont réussi à s’exprimer surtout sans leurs notes. M. Sloan et Mme Lewis ont surtout lu des réponses écrites d’avance.

«Ce soir, je vais faire des erreurs. Mais sachez que je vais continuer à améliorer mon français», a offert M. O’Toole en guise d’introduction.

M. MacKay, qui avait été ridiculisé par les médias à son lancement de campagne pour sa prononciation en français, s’est dit «fier» de pouvoir s’exprimer dans la langue de Molière «malgré mon petit accent».

Les seuls échanges musclés ont eu lieu entre MM. MacKay et O’Toole, et ce, tout au long du débat. Ils ont passé la majeure partie du temps à se lancer des attaques, laissant peu de place aux deux autres candidats.

M. O’Toole, ancien ministre des Anciens combattants, a accusé M. MacKay, ancien ministre de la Défense, de ne pas avoir «livré la marchandise» dans le dossier des avions de chasse F-35.

«Oui, je suis le ministre», a répondu M. MacKay, se trompant dans ses temps de verbe, avant de répliquer que M. O’Toole n’a été dans le cabinet Harper que pendant 11 mois seulement.

M. MacKay a répliqué qu’il avait livré la marchandise pour d’autres dossiers.

Plus tard, le ton a monté alors que les deux s’accusaient d’être une «girouette» sur le besoin de consulter ou non les provinces quant à la construction d’oléoducs.

Des moments cocasses ont aussi eu lieu en raison d’un manque de connaissance du français.

En réponse à une question sur le besoin d’un corridor énergétique au Canada, Mme Lewis a répondu que tous les Canadiens devraient être servis dans la langue de leur choix.

«J’ai bien progressé en trois mois», a-t-elle dit au sujet de son français, sans répondre à la question initiale.

Les quatre prétendants à la succession d’Andrew Scheer croiseront de nouveau le fer à Toronto jeudi soir, cette fois en anglais.

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