Débats: Cloutier accepte ce qu’il voyait la veille comme une entorse aux règles

GATINEAU, Qc – Alexandre Cloutier a accepté jeudi de participer à un nouveau débat contre ses adversaires dans la course à la direction du Parti québécois, une perspective qu’il avait écartée la veille en plaidant pour le respect des règles de la course.

M. Cloutier a confirmé qu’il sera présent à cet événement organisé le 18 septembre au Saguenay-Lac-Saint-Jean par des militants souverainistes locaux.

Dans un point de presse, le candidat a expliqué qu’il avait pris cette décision en raison de la présence de ses rivaux à cet événement.

Mercredi, M. Cloutier avait pourtant justifié son refus à une première invitation de militants péquistes de la région par l’importance de respecter les règles de la course ne prévoyant que deux débats officiels, ce qui lui avait valu des critiques de deux adversaires, Martine Ouellet et Jean-François Lisée.

M. Cloutier les avait ensuite accusés de réclamer un changement aux règles motivé par leur peur de perdre la course.

Jeudi, M. Cloutier a déclaré qu’il acceptait une nouvelle invitation reçue mercredi soir par l’antenne régionale de l’association Oui-Québec.

«Alors on va s’ajuster, on va s’adapter, on va participer à tous les débats, a-t-il dit. (…) Ce n’est pas un changement de stratégie pour deux ‘cennes’.»

Selon M. Cloutier, ses adversaires n’avaient pas tous accepté une première invitation à débattre lancée en août par des militants péquistes de sa région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, ce qui l’avait motivé à la décliner également.

Le candidat a ajouté qu’il acceptera désormais tous les débats où ses rivaux sont présents, malgré son agenda chargé qui, selon son équipe, limitait de tels engagements.

«On va tout tasser ça et on va aller à chacun des débats», a-t-il dit.

Aux journalistes, M. Lisée a salué ce changement qui, selon lui, montre que la course est serrée.

«Je suis content que la course prenne une nouvelle phase, a-t-il dit. Il y a des gens qui craignaient que la course soit ennuyeuse. Je pense que c’est derrière nous. D’autres qui craignaient qu’il y ait un couronnement. Je pense que c’est derrière nous. Il y a une vraie course avec des candidats qui ont des choses à dire.»

Les députés péquistes se sont réunis cette semaine en caucus dans l’Outaouais afin de préparer leur rentrée parlementaire.

Deux débats organisés dans le cadre de la course se tiendront à Sherbrooke, le 11 septembre, puis Montréal, le 25 septembre.

Les candidats s’affronteront une première fois mardi à l’Université de Montréal, où le Comité national des jeunes du PQ les a conviés.

Le quotidien Le Devoir a aussi obtenu leur participation à un autre débat, dont la date n’est pas confirmée.

Cette dernière participation était déjà apparue comme une contradiction, mercredi, quand M. Cloutier avait plaidé qu’il ne participait qu’aux événements organisés pour la course ou par les jeunes péquistes.

Devant ce revirement, jeudi, M. Cloutier en a profité pour décocher quelques flèches à ses adversaires en rappelant qu’il décidera de sa stratégie référendaire d’ici la prochaine élection, s’il est élu chef.

«Jean-François veut remettre aux calendes grecques l’indépendance du Québec, Martine c’est la baguette magique, a-t-il dit. Moi j’arrive avec une approche qui est documentée, rationnelle.»

Mme Ouellet a quant à elle critiqué l’absence de discussions sur la souveraineté durant la caucus présidé par le chef intérimaire Sylvain Gaudreault, ce qu’elle attribue au manque de détermination de ses adversaires face à cet objectif.

«Ce n’est pas parce qu’il y a une course que le chef par intérim ne peut pas se positionner parce que notre article 1 reste l’indépendance, c’est très, très inquiétant et c’est ça qui doit changer au PQ», a-t-elle dit.

M. Gaudreault a ensuite plaidé qu’il faut «laisser une marge de manoeuvre à celui ou celle qui sera la prochain chef».

Par ailleurs, les cinq députés qui ont appuyé Véronique Hivon, avant qu’elle retire sa candidature pour des raisons de santé, ont annoncé leur intention de maintenir l’unité pour la suite des choses.

Carole Poirier, qui fait partie du groupe, a expliqué qu’ils rencontreront les quatre candidats dans la course afin de décider d’ici le 11 septembre s’ils se joindront à une autre organisation ou demeureront neutres.

«Nous voulons rester unis mais nous gardons la liberté chacun de faire ce que l’on voudra pour la suite des choses», a-t-elle dit.

Mme Poirier a insisté sur l’importance de retrouver chez un autre candidat la capacité de faire de la «politique autrement», un thème de Mme Hivon, qui a constaté l’importance de l’establishment dans la course actuelle de M. Cloutier.

Mme Poirier, qui a reconnu que ses collègues et elle se faisaient courtiser par les candidats, a refusé de s’avancer sur le sujet soulevé par Mme Hivon.

«On n’est pas là-dessus, il y a des valeurs, qui étaient de faire de la politique autrement avec Véronique et c’est ce que nous voulons promouvoir», a-t-elle dit.

En concluant les travaux, dans une conférence de presse, M. Gaudreault a semblé remettre en question l’existence d’un establishment au PQ, malgré l’unanimité de Mme Hivon, Mme Ouellet, M. Lisée et Paul St-Pierre-Plamondon, seul candidat non élu.

«C’est un peu comme le monstre du Loch Ness, tout le monde en parle mais personne ne l’a jamais vu, a-t-il dit. C’est un peu la même la même chose dans les partis politiques. Ah, l’establishment, mais on ne le voit pas.»