Déboires du train léger d’Ottawa: attendez avant de juger, disent des experts

OTTAWA — Le scintillant train rouge et blanc était immobilisé à côté d’un quai de l’extrémité ouest de la nouvelle ligne de train léger sur rail (TLR) d’Ottawa, à l’ombre du soleil d’automne pendant que les passagers prenaient place à bord.

Et ensuite, le train de cette ligne ayant coûté 2,1 milliards $ a fait quelque chose qu’il n’avait pas fait aux heures de pointe du matin depuis des jours: il a fonctionné sans encombre.

Le chaos des passagers — des milliers d’entre eux coincés sur les quais, des autobus d’urgence déployés, des passagers abandonnent et marchent vers le centre-ville plutôt que d’attendre que la société de transport de la ville les y conduise — a dominé les bulletins de nouvelles et les discussions sur les ondes des radios de la capitale canadienne, mais les experts affirment que les utilisateurs ne devraient pas baisser les bras.

Il est relativement habituel que les exploitants d’un nouveau réseau de transports en commun suivent une courbe d’apprentissage, a expliqué Shoshanna Saxe, une professeure de génie civil à l’Université de Toronto. «Voyez-le comme la rénovation de votre maison: même après avoir effectué les travaux, il se peut que vous ayez à réparer une fissure imprévue dans le mur».

Selon Mme Saxe, le problème est que nous avons tendance à vouloir juger immédiatement la nouvelle infrastructure, même si des projets majeurs ont été construits pour le long terme — des années, voire des décennies.

«Si nous construisions une infrastructure pour qu’elle soit à son apogée six mois après son ouverture, nous aurions vraiment sous-conçu et dépensé des centaines de millions de dollars pour quelque chose qui serait immédiatement trop petit», a déclaré Mme Saxe, une spécialiste des infrastructures de transport en commun.

De même, il existe une courbe d’apprentissage pour les utilisateurs, a expliqué Lawrence Frank, le titulaire de la chaire Bombardier en transport durable de l’Université de la Colombie-Britannique.

«Un tout nouveau réseau de 2 milliards $, subira, au cours des premiers jours d’opération, quelques ennuis à régler. La seule façon d’éviter ce problème est de le prétester avec beaucoup de passagers», a-t-il affirmé lors d’une entrevue téléphonique alors qu’il était à bord d’un train au Danemark.

Les choses se sont bien déroulées lundi, lorsque les responsables du transport en commun d’Ottawa ont mis fin au service de bus parallèle qui fonctionnait depuis l’ouverture du TLR le mois dernier, tentant de donner aux utilisateurs l’occasion de s’ajuster.

Mardi, un passager a empêché la fermeture des portes d’un train, ce qui a eu un effet domino et entraîné l’arrêt complet de la ligne. Une situation similaire s’est également produite le lendemain.

M. Frank, le professeur à l’Université de Colombie-Britannique, a mis en garde contre l’idée de qualifier d’échec le nouveau système en ne se basant que sur les problèmes vécus durant la première semaine.

Au lieu de cela, dit-il, observez un nouveau système de transport en commun sur plusieurs décennies pour voir comment il s’intègre dans une stratégie de croissance régionale visant à stimuler le développement autour des stations et à éviter l’étalement.

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