Vaccination des 5 à 11 ans: le sentiment du devoir accompli chez plusieurs enfants

MONTRÉAL — Le coup d’envoi à la vaccination contre la COVID-19 des 5 à 11 ans a été donné mercredi au Québec avec l’administration des premières piqûres. Plusieurs enfants étaient heureux de lever leur manche afin de contribuer à contrer la pandémie.

Au Palais des congrès, au centre-ville de Montréal, les équipes de vaccination ont accueilli leurs premiers enfants en début de matinée. Environ 200 rendez-vous étaient prévus pour cette journée de lancement, la capacité étant limitée pour ajuster l’organisation. 

Quelques pleurs et cris pouvaient se faire entendre dans la vaste clinique, mais pour la plupart des enfants rencontrés, c’est avec fierté et satisfaction qu’ils ont reçu une première dose. 

Henri Bergeron, 7 ans et demi, n’a pas eu à se faire convaincre pour recevoir le vaccin. «J’ai dit oui tout de suite. Ça me tentait parce qu’il y a déjà beaucoup de cas dans mon école. Je voulais éviter de le transmettre et de l’avoir», a-t-il expliqué. 

Pour son père, Lucien Abbondanza-Bergeron, la vaccination est aussi un «devoir» envers l’ensemble de la société. «Pour essayer collectivement de mettre un frein à ça, on sait que c’est la chose à faire. Et effectivement, il y a une montée assez fulgurante des cas dans les milieux scolaires présentement, donc le moment est le bienvenu», a-t-il affirmé. 

M. Abbondanza-Bergeron a salué le travail et l’accueil chaleureux du personnel. «Il n’y a pas eu d’attente. Un personnel super gentil et attentionné qui a vraiment pris le soin de mettre Henri à l’aise.»

Aménagée d’abord pour la vaccination auprès des adultes, la clinique du Palais des congrès a été adaptée pour les plus jeunes avec notamment l’ajout d’autocollants d’animaux sur les murs et planchers. 

«On a également fait venir de la zoothérapie pour calmer les plus anxieux. Dans la plupart des cas, ça l’air de bien fonctionner. (…) On a aussi augmenté la température de la pièce pour que ce soit plus agréable au niveau de la chaleur», a indiqué l’infirmière clinicienne et assistante de supérieur immédiat, Miren Duronea.

À titre de récompenses, des jus, des dessins ou des collants sont notamment remis aux petits vaccinés. Les équipes distribuent également des feuillets d’information pour répondre aux questionnements des parents et des enfants.

«Généralement, ça se passe dans la bonne humeur. L’ambiance est bonne. Il y a quelques enfants qui sont anxieux, mais c’est comme dans la population générale», a mentionné Mme Duronea.

«Ça ne me faisait pas vraiment peur parce qu’il me demandait des questions en même temps, a témoigné Marina, 9 ans. Donc, je n’avais pas le temps de me rappeler que je me faisais vacciner.»

Elena Pantopoulos, 11 ans, s’est sentie «un peu paniquée» au départ, pensant que la piqûre ferait «plus mal». «Au fond, c’était vraiment pour mon bien, pour ne pas attraper la COVID. Mes grands-parents sont à la maison, c’est aussi pour les protéger», a-t-elle dit, contente de son geste. 

«Je pense que si on vaccine plus, on pourra arrêter la pandémie», a analysé son frère Alexander, 9 ans, qui s’est aussi fait inoculer contre la grippe. 

Le retour à une vie scolaire un peu plus normale a motivé plusieurs jeunes à lever leur manche. 

Nicolas Clark a vu deux de ses camarades de classe atteints du virus l’an dernier, l’obligeant de faire l’école à la maison. «C’était donc quatre semaines en ligne. Si maintenant on peut en avoir moins, c’est mieux», a fait valoir le jeune de 10 ans, accompagné de sa soeur Eva. 

Son père Christopher espère que la vaccination permettra d’éviter les dépistages récurrents chez les enfants. «Ils n’aiment pas se faire tester, alors si ça nous permet de le faire moins souvent, c’est bien. En plus, on veut voyager», a-t-il affirmé.  

La prise de rendez-vous a débuté mardi au Québec après que Santé Canada a confirmé la semaine dernière qu’elle autorisait l’utilisation de la version pour enfants de 5 à 11 ans du vaccin de Pfizer-BioNTech, qui a livré ses premières doses dimanche.

Le gouvernement fédéral avait déjà assuré l’acquisition de 2,9 millions de doses pour les enfants âgés de 5 à 11 ans, assez pour une première piqûre pour tous les Canadiens dans cette tranche d’âge.

Au Québec, environ 650 000 enfants sont visés par la campagne de vaccination contre la COVID-19. La semaine prochaine, l’inoculation commencera dans les écoles. 

Le premier ministre François Legault a dit mardi qu’il sera possible d’injecter une première dose à tous les enfants dont les parents le désirent d’ici Noël. 

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