Début de l’enquête sur le train léger à Ottawa

OTTAWA — Des centaines de fonctionnaires et de travailleurs ont marché côte à côte sur le trottoir à la périphérie du centre-ville d’Ottawa par une morne matinée d’octobre 2019, alors qu’ils ont dû se rendre au travail à pied.

La foule a suivi le tracé de la nouvelle ligne de la Confédération, où les trains s’étaient soudainement arrêtés. Le public a découvert plus tard qu’un passager à la gare de l’Université d’Ottawa avait tenté de maintenir une porte ouverte pour entrer dans le train, ce qui a en quelque sorte provoqué un arrêt à l’échelle du système.

Ce n’était pas le premier incident à frapper le système de transport en commun d’Ottawa, ni même le plus dramatique, mais c’était la première fois que les usagers du train léger ressentaient pleinement à quel point leurs déplacements seraient perturbés sur la ligne.

Une enquête publique imposée par la province commence lundi pour entendre les témoignages du personnel de la ville et du consortium qui a construit la ligne dans le but de découvrir comment le plus grand projet de transport en commun de la capitale, dont les coûts se sont élevés à 2 milliards $, a déraillé jusqu’ici.

La ligne a été en proie à des problèmes depuis les premières semaines de son ouverture: des retards de service, des quais surpeuplés, des gares qui sentent inexplicablement les eaux usées et des déraillements.

À un certain moment, le RTM, le consortium chargé de l’entretien de la ligne, a signalé que les roues étaient aplaties, provoquant un manque de trains.

L’un des premiers mauvais présages du projet est apparu des années plus tôt en 2016, lorsqu’une grande rue du centre-ville s’est ouverte et a englouti une camionnette inoccupée au-dessus du tunnel de la voie souterraine.

Le projet, qui devait être remis à la ville le 24 mai 2018, a été livré avec 456 jours de retard.

Le conseil municipal a initialement voté contre l’idée qu’un juge examine la longue série de pannes et de déraillements sur la ligne, mais à la fin de 2021, le gouvernement de l’Ontario a pris la décision à sa place.

Le juge de la Cour d’appel de l’Ontario, William Hourigan, a été nommé commissaire avec pour mandat d’enquêter sur ce qui ne va pas.

Le juge Hourigan et son équipe ont déjà écouté attentivement deux jours complets de rencontres publiques, où les résidants ont été invités à exprimer leurs doléances.

Les audiences formelles, qui devraient avoir lieu quotidiennement pendant les trois prochaines semaines, incluront le témoignage de 41 témoins, dont des employés de la ville, des élus et des représentants des entreprises qui ont construit et entretenu la ligne.

Le juge Hourigan et son équipe entendront d’abord l’ancien directeur de la mise en œuvre du train, John Jensen, qui était responsable de l’approvisionnement du projet.

Dans une entrevue sous serment avec l’avocat de la commission, M. Jensen a déclaré que l’approvisionnement avait finalement été dirigé par Infrastructure Ontario, une agence de la Couronne provinciale, et que le modèle de l’agence était devenu la base de l’accord de projet avec l’entrepreneur.

M. Jensen a également été interrogé sur la manière dont la ville et l’entrepreneur se sont installés sur le modèle de train qui aurait été à l’origine de nombreux problèmes techniques avec la ligne.

Plus tard dans l’après-midi, ils entendront Riccardo Cosentino, qui a été vice-président des investissements de SNC-Lavalin, l’une des sociétés mères du consortium de construction.

La commission a jusqu’au 31 août pour remettre un rapport final sur ses conclusions au ministre des Transports de l’Ontario avec des recommandations pour éviter que de futurs projets ne subissent un parcours aussi cahoteux.

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