Un pasteur dit à son procès que le choix était simple entre Dieu et la Santé publique

EDMONTON — Un pasteur albertain accusé d’avoir dirigé des services religieux en violation des ordres de santé publique a déclaré que la pandémie de COVID-19 a été grandement exagérée par le gouvernement et les médias.

Le pasteur James Coates de l’église GraceLife a témoigné au premier jour de son procès, lundi, et s’est plaint à plusieurs reprises de la difficulté de parler avec un couvre-visage.

L’homme de 41 ans, qui est né et a grandi à Scarborough, en Ontario, a passé un mois au centre de détention Remand d’Edmonton après avoir enfreint une condition de mise en liberté sous caution de ne pas tenir de services religieux qui, selon les responsables, ignoraient les mesures relatives aux limites de capacité, à la distance physique et au port d’un couvre-visage.

Il a été libéré le 22 mars après avoir plaidé coupable et a été condamné à une amende de 1500 $.

M. Coates a contesté la seule accusation dont il fait toujours l’objet pour avoir enfreint la Loi sur la santé publique lors de son contre-interrogatoire.

Il affirme que les réglementations provinciales visant à freiner la propagation de la COVID-19 non seulement enfreignent son droit constitutionnel et celui de ses fidèles à la liberté de religion et de réunion pacifique, mais il est convaincu qu’il s’agit d’une réaction excessive.

«C’est le gouvernement qui pratique la désobéissance civile et, pour le moment, il ne semble pas y avoir de reddition de comptes», a-t-il déclaré.

«Le gouvernement a été en mesure de faire essentiellement tout ce qu’il voulait et vous avez les médias qui ne font que pousser la population à croire au récit de la COVID, et la loi suprême du pays, la Charte, est ignorée. Les ramifications à long terme de cela envers ce pays prometteur me préoccupent profondément.»

M. Coates a témoigné qu’il croit que le masque obligatoire est une violation de son droit de culte et de rassemblement garanti par la Charte parce que cela a compliqué son rôle en tant que pasteur. Il a dit que les services en ligne et le plafonnement de la capacité d’accueil des fidèles à 15% modifiaient également la vraie signification du culte.

«Nous avons déterminé que se conformer à AHS (Alberta Health Services) signifiait la non-conformité avec Dieu, alors nous avons décidé, « OK, et bien, avec qui vous préféreriez être (en) non-conformité? Dieu ou AHS?’ Et je pense que le choix est assez simple.»

Un procureur de la Couronne, dont l’identité fait l’objet d’une ordonnance de non-publication pour des raisons de sécurité, n’a convoqué qu’un seul témoin.

À la barre, l’inspectrice des services de santé de l’Alberta (AHS) Janine Hanrahan a dit avoir observé plusieurs comportements à risque dans l’église de la région d’Edmonton dirigée par le pasteur.

Mme Hanrahan a témoigné lundi que les services de santé de l’Alberta continuaient de recevoir des plaintes du public et qu’elle s’est présentée pour sa première inspection à l’église de Spruce Grove, en Alberta, en juillet 2020.

Elle a déclaré que lors de trois inspections distinctes, des dizaines de fidèles se trouvaient à l’intérieur du bâtiment sans masque et à moins de deux mètres les uns des autres.

Mme Hanrahan a affirmé qu’au cours d’une inspection, elle avait entendu le pasteur dire à un agent de la GRC que la médecin-hygiéniste en chef de l’Alberta était une dictatrice et que le premier ministre Jason Kenney se dissimulait derrière elle.

Le procès du pasteur albertain s’amorçait lundi devant la cour provinciale d’Edmonton. Il devrait durer de trois à quatre jours.

Les avocats de James Coates ont déclaré qu’ils soutiendraient que le gouvernement provincial doit être tenu responsable des règles liées à la COVID-19 qui, selon eux, enfreignent le droit constitutionnel à la liberté de religion et de réunion pacifique.

AHS a déclaré que GraceLife et son pasteur continuaient à offrir des services dépassant la capacité permise, malgré les accusations et de multiples avertissements.

L’église a été fermée et clôturée par des agents de santé au début du mois d’avril.

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