DÉC en Abitibi : des millions, mais pas de main-d’œuvre

ROUYN-NORANDA, Qc — ROUYN-NORANDA-Développement économique Canada (DÉC) a annoncé jeudi matin des contributions totalisant 2 227 500$ à quatre entreprises oeuvrant dans le secteur minier en Abitibi-Témiscamingue. Mais au-delà de l’argent, ces entreprises ont un plus grand défi encore : recruter et surtout retenir leur main-d’œuvre.

La part du lion revient à l’entreprise Géliko, de Rouyn-Noranda. Spécialisée dans la fabrication de pièces métalliques pour l’industrie minière, Géliko recevra une contribution remboursable de plus d’1,3 M$, en vue de l’agrandissement de l’usine et de l’acquisition d’équipements. 

De son côté, Abitibi Géophysique, une entreprise de Val-d’Or spécialisée dans les logiciels d’exploration, avait besoin d’un coup de pouce pour développer ses marchés domestique (hors Québec) et international. L’octroi d’un demi-million de dollars permettra la mise sur pied d’une stratégie de commercialisation en vue de développer son potentiel. 41 emplois seront créés à cette fin sur quatre ans.

Clôture Abitem, de Rouyn-Noranda, recevra pour sa part 200 000$ pour un agrandissement. L’entreprise fabrique des clôtures pour l’industrie minière, mais aussi divers produits en aluminium pour la sécurité de certains bâtiments et le soutènement de terrains. Les fonds serviront également à l’acquisition d’équipements numériques pour l’usine. 

Finalement, 160 000$ ont été décernés à Mécanicad, de Rouyn-Noranda. Cette entreprise veut automatiser un secteur de sa production, elle qui fabrique des raccords de plastique pour la ventilation souterraine, «un produit innovateur», selon son directeur, Stéphane Larouche.

Main-d’œuvre difficile à trouver

Les quatre entreprises bénéficiant de l’aide de DÉC sont en plein développement. Toutes s’entendent cependant pour dire que si l’aide financière est bienvenue, il existe un enjeu encore plus important, à savoir la pénurie de main-d’oeuvre en Abitibi-Témiscamingue. 

Avant la pandémie, la région atteignait le plein emploi, c’est-à-dire un taux de chômage récurrent de moins de 5%. Dans le cas de Mécanicad, c’était même l’une des raisons pour lesquelles l’entreprise fait appel à la robotique.

«Nous avons automatisé une partie de notre production parce que nous n’arrivions pas à trouver le personnel pour opérer la machine, indique Stéphane Larouche. La machine, à son plein potentiel, effectue le travail de cinq personnes, mais il m’en faudra 10 en amont et 10 en aval de la machine pour que la chaîne de production fonctionne.»

Ce n’est pas tout de trouver de la main-d’œuvre, il faut aussi pouvoir la retenir. Grand paradoxe : les mines de la région, qui sont des clients de ces entreprises, recrutent une partie de leur personnel. «Elles offrent de meilleurs salaires, et une gamme de conditions avec lesquelles on ne peut pas compétitionner, explique François Gélinas, directeur général de Géliko. Souvent, on devient une pépinière pour les minières.»

Chez Abitibi Géophysique, le problème est moins criant, selon la directrice des Ressources humaines, Sophie Roy. «Nos clients à l’étranger vont former leurs propres employés, dit-elle. En exploration, c’est plus facile pour eux de trouver du personnel sur place que pour nous d’envoyer des travailleurs canadiens.»

Pénurie, pandémie ou pas

La pandémie n’a pas affecté positivement ou négativement la disponibilité de la main-d’oeuvre dans le secteur minier en Abitibi-Témiscamingue. «La pénurie était déjà là bien avant la pandémie, affirme Alexandre Labonté, de Clôture Abitem. D’ailleurs, tout le monde cherche des solutions pour y remédier, y compris faire appel à des travailleurs de l’extérieur de la région. Nous avons un bon noyau de travailleurs. Le recrutement, c’est une chose, mais demeurer compétitifs dans le marché de l’emploi, c’en est une autre.»

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